80 % des maladies professionnelles sont des TMS

Le ministère du Travail a récemment pu­blié un bilan sur l’exposition des salariés aux maladies professionnelles en 2012. Il en ressort que les troubles musculosque­lettiques (TMS) sont, de loin, les maladies professionnelles les plus fréquentes.

En effet, 4 maladies professionnelles sur 5 sont des TMS. Ceux-ci sont “particulièrement fré­quents dans les activités de l’industrie de la viande, l’habillement, les équipements du foyer, la blanchisserie et, dans une moindre mesure, le secteur de la construction. Les ouvriers et les femmes, tout particulièrement les ouvrières, sont les plus exposés”. Autre enseignement à retenir : “Depuis 2005, les maladies pro­fessionnelles reconnues ont augmenté de 4 % par an, portées par l’augmentation de la reconnaissance des TMS (7 % par an)” mais aussi, dans une moindre mesure pat les cancers professionnels qui ont augmenté de 4 % par an entre 2005 et 2012. L’amiante n’y est pas pour rien. En effet, “les maladies provoquées par l’amiante représentent 8 % des maladies professionnelles reconnues, et constituent la grande majorité des cancers professionnels reconnus”.

Pour aller plus loin : Dares Résultats, décembre 2016, n°081, téléchargeable sur http://dares.travail-emploi.gouv.fr

L’ennui au travail : un risque trop souvent négligé

le bore outDeux récents ouvrages soulignent la multiplication des cas de “bore-out”, cette pathologie frappant les personnes qui s’ennuient au travail, par manque de tâches à accomplir ou de défis à relever.

“J’arrive en fin de carrière et jamais je n’ai vu autant de gens atteints non pas de bactéries ou de virus, de maladie men­tale ou de traumatisme, mais d’autre chose engendré par la société qui va plutôt en s’ag­gravant”, s’alarme le docteur François Bau­mann, fondateur de la Société de formation thérapeutique du médecin généraliste dans un ouvrage consacré au bore-out (1).

Vers une épidémie de bore-out ?

Il n’est pas le seul à s’inquiéter de la pro­gression fulgurante de cette pathologie frappant les hommes et les femmes qui s’ennuient au travail. À l’aide d’un logiciel de statistique textuelle conçu par le CNRS, Christian Bourion, rédacteur en chef de la Revue internationale de psychologie et de gestion organisationnels (Ripco) a passé au crible des millions de témoignages sur la souffrance professionnelle. Et, contre toute attente, il a établi que la plus grande part des récriminations ne concernait nulle­ment l’excès de pression exercé par la hié­rarchie. “Les gens expriment avant tout leur ras-le-bol de ne rien faire. (2)

Inflation des process et robotisation…

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Prévenir les risques liés à la mise en rayon manuelle

Document unique distributionUne recommandation de l’Assurance Maladie

L’activité consistant, pour les salariés des supermarchés, à placer des produits en rayon peut sembler, comme bien d’autres, ano­dine. En réalité, comme le précise, une recom­mandation de l’Assurance maladie, entrée en vigueur en janvier 2016, il n’en est rien.

Les risques d’une activité en apparence anodine

En effet, comme le précisent les experts, cette activité peut générer des accidents du travail et des maladies professionnelles. D’une part, “les salariés peuvent être exposés à des contraintes articulaires pour le rachis (tronc penché), les épaules (bras tendus en avant ou en hauteur), les poignets (flexion/extension), les genoux (appui sur les genoux, position accrou­pie) et à des contraintes musculaires liés à des efforts importants”. D’autre part, ils peuvent “être concernés par les risques de chute d’objets et de chute de hauteur”. Lire la suite

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 6.300 personnes meurent chaque jour d’un accident professionnel ou d’une maladie liée au travail

415760-1-fre-FR-Organisation-internationale-du-travailSelon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 6.300 personnes meurent chaque jour d’un accident professionnel ou d’une maladie liée au travail dans le monde. Au-delà des drames humains, cette situation a aussi un coût économique considérable, que l’OIT estime à 4% du PIB annuel. Or, il n’y a aucune fatalité à cette situation. En effet, ce rapport souligne aussi, par contraste, combien les efforts de prévention des risques accomplis dans certains pays portent leurs fruits. Ainsi, au sein de l’Union européenne, le nombre d’accidents du travail mortels a diminué de plus de 30 % entre 1994 et 2000. En France, les efforts continuent aussi et ont permis d’obtenir une diminution de 3,5% entre 2012 et 2013 selon le bilan du Ministère du Travail.

Comportements hostiles au travail : plus de 20 % des salariés concernés

Dares Analyses n°44Quelque 22 % des salariés français déclarent que, “dans le cadre de leur travail, ils sont confrontés systématiquement à un ou des comportements hostiles”, rapporte une récente note d’analyse de la Dares du Ministère du Travail. Selon les auteurs, ces comportements peuvent prendre différentes formes. Les femmes se plaignent plus souvent de “marques de mépris”, tandis que les hommes déplorent plus volontiers des “dénis de reconnaissance du travail”.

Une cause importante d’absentéisme

Fort heureusement, les cas d’“atteintes dégradantes” sont beaucoup moins fréquents. Mais tous les comportements hostiles ont un impact négatif sur la santé des travailleurs concernés. Selon la Dares, “les victimes se déclarent plus souvent en mauvaise santé, ont davantage d’accidents du travail et sont plus
souvent absentes de leur travail que l’ensemble des salariés”. Et bien sûr, plus les comportements sont graves plus ils ont un fort impact : “Les salariés qui déclarent être l’objet de comportements hostiles dans leur travail perçoivent beaucoup plus souvent (31 %) leur état de santé comme altéré que l’ensemble des salariés (18 %). Ce taux peut aller jusqu’à 42 % pour ceux qui se disent victimes d’une atteinte dégradante.”

Pour aller plus loin : Dares Analyses n°44, de juin 2014.