Actualités pénibilité – 31 août 2017

Le Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P) devient Compte Professionnel de Prévention (C2P)

Les textes des ordonnances dites « Renforcement du dialogue social » ont été dévoilés au public à l’occasion de leur présentation aux partenaires sociaux par le premier ministre jeudi 31 août 2017.

Ces ordonnances, qui doivent encore être soumises aux instances consultatives, seront présentées au conseil des ministres prévu pour le vendredi 22 septembre.

L’ordonnance numéro 5 fixe la partie législative de la transformation du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité en Compte Professionnel de Prévention.

Outre une numérotation différente des articles du code du travail anciennement consacrés à la pénibilité, les principales modifications portent sur la sémantique et sur le financement du compte. Mais la nature et le fonctionnement du compte restent inchangés, à commencer par les obligations déclaratives des employeurs.

Le terme « pénibilité » se fera désormais plus discret dans le code du travail. Il reste présent dans l’incontournable article L.4121-1 qui détermine les obligations de l’employeur en matière de santé et sécurité au travail mais disparaît du titre VI, jusque-là explicitement consacré à la pénibilité et qui devient désormais « Dispositions relatives à la prévention des effets de l’exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de prévention ». Mais la réalité reste la même. Lire la suite

Le Compte Pénibilité devient Compte de Prévention

Compte de Prévention

Compte de Prévention

“Il faut que tout change pour que rien ne change…”

Le Premier ministre a envoyé, le 8 juillet dernier, une lettre aux partenaires sociaux précisant les intentions de son gouvernement à propos du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité. Conformément au souhait d’Emmanuel Macron, qui avait déclaré durant la campagne ne pas apprécier le terme de “pénibilité” parce qu’il associait le travail à une “douleur”, ce compte sera désormais renommé en “Compte de prévention”. Mais, au-delà, de ce recadrage sémantique, les mesures annoncées sont loin de représenter un quelconque bouleversement.

Sil fallait une preuve que la réforme an­noncée ne constitue pas une révolution, elle a été apportée par la réaction des partenaires sociaux. En effet, tandis que le Medef saluait sobrement “une décision pragmatique” tout en déclarant rester “vigilant”, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, très attaché à cette réforme emblématique du quinquen­nat Hollande, n’a pas caché son soulagement. “Il y a une bonne nouvelle, il faut le dire. Pour les salariés concernés, il y a toujours une prise en compte de la pénibilité au travail, avec de la réparation”, s’est-il réjoui au micro de RTL (1).

Compte de prévention : un changement essentiellement sémantique

Le leader de la CFDT se félicite particuliè­rement que “pour 6 critères de pénibilité, ce compte se maintient exactement comme il était prévu”. De fait, le projet dévoilé par Édouard Philippe prévoit que les obligations décla­ratives des employeurs seront maintenues pour 6 facteurs de risques professionnels sur les 10 initialement prévus : les activités exercées en milieu hyperbare, les tempéra­tures extrêmes, le bruit, le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes, et le travail répétitif. Lire la suite

Le compte de prévention se substitue au compte pénibilité

Compte de Pévention

Compte de Pévention

Compte de prévention

Le premier ministre a envoyé, samedi 8 juillet 2017, une lettre aux partenaires sociaux précisant les intentions de son gouvernement à propos du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité : ce compte sera renommé en « Compte de prévention ».

En résumé :

  • Les obligations déclaratives des employeurs seront maintenues pour 6 facteurs de risques professionnels : activités exercées en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif,
  • les 4 autres facteurs de risques professionnels (manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques et agents chimiques dangereux) sortiront du compte à points et seront désormais pris en compte pour un départ anticipé à la retraite quand « une maladie professionnelle a été reconnue » et quand « le taux d’incapacité permanente excède 10 % »,
  • le financement du compte ne sera plus assuré par les cotisations spécifiques des employeurs mais « organisé dans le cadre de la branche accidents du travail/maladies professionnelles ».

« Seul le nom du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité est véritablement simplifié »

Décryptage :

Seul le nom du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité est véritablement simplifié. Il devient « Compte de Prévention », ce qui ne remet pas en cause le principe du dispositif existant.

Sur les dix facteurs de risques professionnels entrant dans le champ de la pénibilité au travail, six d’entre eux devront toujours faire l’objet de déclarations d’expositions. Pour les quatre autres, la suppression des obligations déclaratives ne signifie pas, loin s’en faut, qu’il faudra cesser de les évaluer et d’en assurer la prévention.

Pour ces quatre facteurs de risques, il s’agit en fait d’un quasi retour aux dispositions de la loi de 2010 portant réforme des retraites, adoptée sous le gouvernent Fillon : leur prise en compte pour un départ anticipé à la retraite sera soumise à la reconnaissance d’une maladie professionnelle avec une incapacité de plus de 10 %. Mais comment les prendre en compte, ou bien les contester, si on ne dispose pas, année après année, d’une évaluation rigoureuse ? Lire la suite

Délégation de pouvoirs de l’employeur, le casse-tête !

Délégation de pouvoirs de l'employeur

Délégation de pouvoirs de l’employeur

Délégation de pouvoirs de l’employeur : faute d’être présent partout à la fois, un chef d’entreprise peut déléguer une partie de ses pouvoirs d’organisation et de surveillance à un préposé. Celui-ci veillera donc en particulier au respect des conditions d’hygiène et de sécurité.

En pratique, cette délégation doit être minutieusement préparée, notamment dans le cadre des déplacements des salariés. C’est à ce prix qu’elle sera jugée effective en cas d’accident grave.

Comment s’assurer de la validité d’une délégation de pouvoirs ?    

Plus de trois mois d’incapacité totale de travail pour avoir chuté de douze mètres de hauteur. Telle est la mésaventure dont a été victime un couvreur travaillant sans harnais sur un chantier d’étanchéité d’une toiture. Certes, avant de grimper à bord du chariot élévateur qui devait le hisser jusqu’au toit, cet ouvrier a fait la sourde oreille aux injonctions de son responsable du chantier lui enjoignant d’enfiler un harnais. Cependant, rien n’eût été différent pour la responsabilité de l’employeur s’il avait obtempéré à temps, les quatre salariés présents ce jour-là n’ayant à leur disposition que trois gilets. Et encore, deux seulement étaient équipés d’un système d’arrêt de chute en bon état. Ces équipements étaient pourtant obligatoires, d’autant plus qu’en ce point du chantier, aucun filet de protection n’avait été déployé pour protéger les intervenants en cas de chute.

Dans cette affaire, sur laquelle les juges de la Cour de cassation se sont prononcés(1), l’employeur a été reconnu responsable pénalement pour des faits de blessures involontaires alors qu’il avait délégué son pouvoir de veiller à la sécurité du chantier à son responsable sur place. Néanmoins, interrogé sur le déroulement des faits, ce dernier a avoué ignorer le nombre de salariés présents sur le toit du bâtiment concerné ou comment ceux-ci organisaient leur travail. Malgré plusieurs mises en garde, ce responsable n’a pas non plus écarté du chantier le salarié qui refusait de porter un harnais anti-chute (quand bien même cet équipement aurait été à sa disposition). Cette jurisprudence révèle la fragilité des délégations de pouvoirs telles qu’elles existent dans de nombreuses entreprises, qu’elles s’appliquent à des chantiers ou à l’utilisation des véhicules sur la route : la décision de déléguer une partie de son pouvoir ne doit pas être une simple formalité pour l’employeur et cette délégation, cet exemple le prouve, ne fait pas obstacle à la mise en cause de sa responsabilité.

Trois critères indispensables

La délégation de pouvoirs de l’employeur consiste à confier à une personne compétente travaillant dans son entreprise la mission de veiller personnellement à l’exécution des opérations de l’entreprise sur un périmètre défini, ce qui conduit à l’exercice de pouvoirs d’organisation et d’allocation de moyens. Ces pouvoirs s’étendant à la bonne application des consignes de sécurité. Faute de texte réglementaire particulier, c’est la jurisprudence qui a forgé cette définition au fil d’arrêts peu nombreux mais qui ont fait émerger trois critères essentiels à sa mise en place :

  •  l’autorité,
  • les moyens,
  • la compétence.

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Prévention des risques : l’inaction et la passivité engagent la responsabilité

Prévention des risques La santé et la sécurité au travail exigent l’engagement actif de tous ! Tel est le sens d’un arrêt rendu le 8 mars dernier par la Cour de Cassation dans une affaire de harcèlement moral.

Les faits sont les suivants. En 2011, après la tentative de suicide d’un chef de rayon, et la démission d’un de ses collègues, le directeur d’un hypermarché avait été mis à pied, une enquête ayant établi qu’il s’était rendu cou­pable de harcèlement moral sur ses employés. Comme le précise Maître Guillaume Cousin, avocat au barreau de Paris, “la responsable des ressources humaines du magasin a aussi été licen­ciée” car “il lui était reproché son inaction face au comportement de son supérieur hiérarchique”. Elle a donc attaqué son entreprise en justice en mettant en avant “qu’elle n’avait pas commis de faute puisque ce qui lui était reproché résultait d’un comportement du directeur du magasin, et non du sien” et aussi que “son entreprise n’ayant mis en œuvre aucun moyen organisationnel lui permettant de dénoncer les agissements de son directeur”, elle ne pouvait rien y faire.

La question du sens au cœur des risques psychosociaux

Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu la Cour d’Appel de Toulouse qui a validé le licenciement en soulignant simplement que la responsable des ressources humaines “avait connaissance du comportement inacceptable de son directeur à l’encontre de ses subordonnés, et qu’elle n’a rien fait pour mettre fin à ces pra­tiques”. Un raisonnement repris par les juges de Cour de Cassation qui précisent qu’en “cautionnant les méthodes managériales inac­ceptables du directeur du magasin avec lequel elle travaillait en étroite collaboration, et en les laissant perdurer, la salariée a manqué à ses obli­gations contractuelles et a mis en danger tant la santé physique que mentale des salariés”. Lire la suite