Prévenir les risques du travail par temps froid

Même si de nombreuses professions en ont pris l’habitude, travailler par basse température est loin d’être anodin et comporte de nombreux risques.

Le froid va bientôt faire son retour. Il faut dès à présent anticiper les mesures à prendre pour protéger les salariés qui y sont exposés. En effet, le travail par basses températures induit des risques spécifiques pour la santé et la sécurité. Pour les prévenir il faut bien sûr veiller à mettre à disposition des salariés des équipements adaptés, mais souvent aussi revoir l’organisation du travail en fonction des contraintes climatiques.

« La prévention des risques liés au froid ne saurait donc être laissée au seul bon sens et à la libre initiative des salariés. Ces risques doivent faire l’objet d’une véritable évaluation rigoureuse et exhaustive, notamment dans le cadre du document unique. »

Les risques directs et indirects liés au froid

Les experts de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) soulignent ainsi que “certains risques spécifiques se surajoutent aux risques habituellement encourus”. Ils évoquent bien sûr les risques directs d’hypothermie ou de gelures, mais aussi l’augmentation du risque d’accidents du travail. En effet, le froid: Lire la suite

Document unique : un outil au service de l’efficacité des municipalités

NUMÉRO SPÉCIAL “SALON DES MAIRES 2019”

“La réalisation du document unique est une tâche souvent plus pointue dans les municipalités que dans les entreprises privées car elles se caractérisent par une grande diversité d’activités et de métiers.”

 Entretien avec Émilie Noël, Directrice Technique Prévention au sein de Point Org Sécurité (membre du réseau Pôle Prévention).

Selon une étude publiée en juin dernier par le ministère du Travail, seule la moitié des collectivités territoriales disposeraient d’un document unique à jour. Comme l’expliquez-vous ?

Nous  avons  la  vive  conviction  que  cela  ne résulte nullement d’un manque d’intérêt pour la prévention des risques car le souci des autres et  le  sens  du  service  font  partie  de  l’ADN des élus locaux. En revanche, cela illustre les difficultés croissantes des collectivités les plus modestes à faire face aux nombreuses missions et obligations qui leur incombent dans un environnement institutionnel et juridique très évolutif et de plus en plus complexe. Lire la suite

Emmanuel Pochet : “Le document unique permet de concentrer les efforts de prévention sur les premiers facteurs d’absentéisme.”


Emmanuel POCHET

Emmanuel Pochet est gérant de Point Org Sécurité, société spécialisée dans l’accompagnement des entreprises en matière de prévention des risques et formateur en évaluation des risques professionnels. Il décrypte ici les enjeux de la lutte contre l’absentéisme au regard de son expérience et des évolutions constatées sur le terrain.

À l’occasion de récentes enquêtes consacrées à l’absentéisme, certains commentateurs attribuaient sa hausse actuelle au désengagement des salariés. Partagez-vous cet avis ?

Il est certain que le rapport au travail a changé. Aujourd’hui, le travail est bien sûr toujours un moyen de gagner sa vie. Mais il est de plus en plus envisagé aussi comme un moyen de la réussir. Nos contemporains ont à l’égard de leur travail de nouvelles exigences. Davantage qu’auparavant, ils souhaitent s’y sentir bien, s’y épanouir. Dès lors l’engagement des salariés est plus difficile à obtenir car il ne résulte plus de la simple transaction “travail contre salaire”. Toutefois, dans le même temps, ce discours me gêne un peu car il peut laisser croire que la cause principale de l’absentéisme résiderait dans un changement des mentalités. La focalisation sur le désengagement peut ainsi favoriser un certain fatalisme voire… un désengagement des employeurs dans la lutte contre l’absentéisme !

Vous pensez donc qu’il est possible d’en finir avec l’absentéisme ?

Ne rêvons pas ! Une part de l’absentéisme est incompressible et s’explique par des causes extérieures à l’entreprise sur lesquelles il lui est difficile d’agir. Le pic hivernal d’absence provoqué par les épidémies de grippes ou de gastro-entérites en est un bon exemple. Mais une part considérable d’absences est générée par des causes endogènes à l’entreprise, sur lesquelles elle a prise. Toute activité comporte nécessairement des risques, les fameux “risques du métier” qui existent mais qu’il faut s’attacher à réduire, voire à faire disparaître, par des mesures appropriées. Comme le souligne le statisticien et ergonome Serge Volkoff dans une récente livraison du magazine Santé & Travail“ bien des contraintes ou nuisances en milieu de travail constituent des facteurs d’accroissement des arrêts maladies. C’est le cas évidemment pour les facteurs d’accidents du travail et de maladies professionnelles, ces derniers représentant un gros quart des indemnités journalières versées pour des absences liées à l’état de santé, hors maternité”. Préserver la santé et la sécurité des travailleurs n’est pas seulement, pour l’entreprise, une obligation légale et morale, c’est le plus sûr moyen d’agir sur l’absentéisme. Lire la suite

Prévention des risques : le document unique entre dans les usages

On affirme souvent que les employeurs sont perplexes quant à l’utilité du document unique. Une étude réalisée par le ministère du Travail, à partir de données recueillies en 2016, met au contraire en lumière un recours croissant à cet outil pour évaluer et prévenir les risques professionnels (1).

Forte progression du recours au DUER

Ainsi, dans le secteur privé, la proportion de DUER élaborés ou mis à jour dans les 12 derniers mois atteignait, en 2016, 70,8 % dans les établissements de 10 à 49 salariés, 88,9 % dans ceux de 50 à 249 salariés, 93,7 % dans ceux de 250 à 499 salariés et jusqu’à 96,4 % dans ceux de 500 salariés et plus. De son côté, le secteur public, pourtant longtemps à la traîne, fait preuve d’une belle dynamique de rattrapage. En 2016, 51,1 % des établissements de la fonction publique territoriale disposaient d’un DUER à jour contre seulement 33,2 % d’entre eux en 2013. Cette progression se vérifie dans les établissements de la fonction publique hospitalière où le taux de document unique était déjà fort élevé (75,9 % contre 75,4 %). Lire la suite

15 fois 5 000 euros d’amendes pour défaut de document unique

“Après la chute d’un décor lors d’une représentation en 2016 à Bastille, l’Opéra de Paris vient d’être condamné à payer 100 000 euros d’amende pour blessures involontaires”, relate France Musique (22/05/19) en rappelant que deux machinistes, sur les quinze travaillant à ce moment-là, avaient été blessés. La radio précise qu’à cette occasion, l’institution “a également écopé de 15 amendes de 5 000 euros pour omission de faire transcrire sur un document unique l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs”. En revanche, le régisseur technique, “contre qui une peine de huit jours d’emprisonnement avec sursis et 15 amendes de 100 euros avaient été requises, a été relaxé”, à la satisfaction de son avocat qui avait fait valoir que son client, “simple régisseur technique ne dirige pas l’Opéra de Paris et n’a pas la charge de fixer les règles de sécurité”.