Utilisation du gilet jaune et du triangle

Le port du gilet jaune est obligatoire : une contravention de 4ème classe (amende forfaitaire de 135 €) sanctionne le non-respect de cette obligation.

Le gilet doit être rangé à bord du véhicule dans un endroit  facilement  accessible. Il doit être porté par le conducteur à la suite d’un arrêt d’urgence. Il doit le mettre avant de sortir du véhicule,  de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions de visibilité. Sur autoroute le conducteur doit sortir de son véhicule côté passager et se mettre le plus vite possible en sécurité derrière les glissières.
Le  triangle  de  pré-signalisation  doit  être  rangé dans  le  véhicule.  Il  est  obligatoirement  utilisé  si le  véhicule  est  immobilisé  sur  la  chaussée.  Si  le véhicule  est  immobilisé  sur  une  bande  d’arrêt  d’urgence (BAU), il n’est pas obligatoire. Si le véhicule empiète sur la chaussée de l’autoroute, le conducteur doit décider de son utilisation ou pas. Par bon sens et sécurité, le triangle n’est pas obligatoire  lorsque  sa  pose  constitue  une  mise  en danger de la vie du conducteur.
Attention : le matériel doit être conforme à la réglementation en vigueur, marquage « CE » pour le
gilet et certification par le marquage « E 27 R » pour le triangle.

Extrait de la lettre d’information Focus de SEPR (novembre 2018).

Non, la fin du CHSCT n’est pas celle de la prévention des risques !

« La disparition du CHSCT ne signifie nullement la disparition des obligations d’évaluation et de prévention des risques professionnels qui incombent aux employeurs »

Publié voici quelques jours, le Bilan 2017 Conditions de Travail réalisé par le Ministère du Travail revient sur la fusion des différentes instances représentatives du personnel au sein d’un Comité social et économique (CSE) (1).

Comme le démontrent les contributions syndicales à ce rapport, cette mesure suscite de l’inquiétude, certains voyant dans la disparition du CHSCT le signe avant-coureur d’un déclin de la prévention des risques professionnels. Il n’est toutefois pas certain qu’il faille partager ce catastrophisme.

Les conditions de travail, enjeu stratégique

En effet, comme le rappelait récemment le cabinet Cardinale sud, spécialisé dans le dialogue social, “la disparition des CHSCT ne signifie nullement la disparition des questions qu’il traitait car la plupart des entreprises ont compris que la prévention des risques professionnels et l’amélioration des conditions de travail représentent des questions stratégiques”(2).

Et de rappeler qu’au-delà même des coûts directs et indirects engendrés par les accidents du travail, “les entreprises savent que de bonnes conditions de travail contribuent à leur performance globale en permettant une réduction de l’absentéisme, un renforcement de l’engagement des salariés et une amélioration de l’attractivité de l’entreprise”. Les employeurs ne devraient donc pas saisir la disparition du CHSCT pour reléguer au second plan des sujets qui relèvent de la bonne gestion.

De la réparation à la prévention Lire la suite

La chaîne logistique, vecteur de diffusion des bonnes pratiques

“Si le fonctionnement des chaînes logistiques est pensé avant tout pour faire gagner en efficacité et en productivité, il peut aussi être vecteur de prévention.” Tel est le pari relevé par diverses entreprises présentées dans la dernière livraison du magazine Travail & Sécurité.

Passer du “chacun pour soi”…

“Quel que soit leur secteur d’activité, les entreprises ont besoin de se fournir en matières premières, éléments d’assemblage, produits finis ou même services. Ainsi naissent ce que l’on appelle les chaînes logistiques.” Ces dernières créent ainsi, entre les entreprises concernées, une situation d’interdépendance qui peut s’avérer délétère : ainsi lorsqu’un donneur d’ordre se contente de mettre la pression sur ses sous-traitants, cela conduit bien souvent à une dégradation des conditions de travail pour les salariés de ce dernier

.…au “chacun pour l’autre” !

Mais, cette interdépendance qualifie aussi la chaîne logistique comme vecteur privilégié de bonnes pratiques. Ce sont bien sûr ces dernières que promeut Travail & Sécurité en s’attachant à présenter des initiatives extrêmement concrètes fondées sur l’échange d’informations. Un exemple parmi d’autres : “à côté de Lyon, le fabricant de pâtes Lustucru Frais et le distributeur Easydis ont défini une nouvelle façon de palettiser les commandes.” Une expérience concluante qui a permis de “diminuer les manutentions qui exposent leurs salariés respectifs aux risques de troubles musculosquelettiques” mais aussi d’améliorer la qualité de la prestation.

Travail amélioré et de meilleure qualité Lire la suite

Qu’est-ce que la culture de prévention ?

Sources des chiffres : rapports annuels successifs de l’Assurance Maladie – Risques Professionnels

« Le résultat concret est sans appel : depuis la mise en œuvre du décret « Document Unique » l’indice de fréquence des accidents du travail a chuté en France de près d’un quart depuis 2002, passant de 43 accidents pour 1 000 salariés à moins de 34 en 2016.

L’expression « Culture de Prévention » a fait son entrée au cours de l’été 2018 dans deux documents majeurs publiés sur la politique française de prévention des risques professionnels. Le « Rapport Lecocq » remis au 1er Ministre, intitulé Santé au travail, vers un système simplifié pour une prévention renforcée et le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les maladies professionnelles dans l’industrie.

Mais qu’est-ce que la culture de prévention ?

Les accidents du travail et les maladies professionnelles ont été longtemps considérés en France comme des fatalités et traités sous le seul angle de la réparation du préjudice subi par la victime. Depuis la loi du 8 avril 1898, le salarié victime d’un accident survenu « par le fait ou à l’occasion du travail » était en droit d’obtenir une indemnisation forfaitaire, sans qu’il soit nécessaire de démontrer la faute de l’employeur.

Le traitement a posteriori des accidents du travail est resté en vigueur en France pendant près d’un siècle. En substance, il fallait qu’un accident survienne pour que ses causes soient analysées. Peu à peu, l’idée de prévenir les accidents de travail a fait son chemin. On s’est alors attaché à supprimer les causes immédiates des accidents et des « quasi accidents », c’est-à-dire les situations dans lesquelles tous les éléments sont réunis pour qu’un accident ait lieu, sauf l’accident lui-même. Lire la suite

Conditions de travail : l’anti-modèle américain

« La dégradation des conditions de travail provoquerait, aux États-Unis 120.000 morts par an, dont 50.000 liées à l’absence d’assurance-maladie, 35.000 liées au chômage et 30.000 à l’insécurité de l’emploi ».

Dans un récent ouvrage, Jeffrey Pfeffer, professeur de management à l’université de Stanford dresse un tableau alarmant de la dégradation des conditions de travail résultant aux États-Unis des nouvelles formes d’organisation du travail. En soulignant les coûts exorbitants qui en résultent pour l’économie américaine, il souligne, par effet de contraste, les vertus du modèle économique et social européen. Un ouvrage à lire pour s’interroger sur la pertinence de certains virages à l’œuvre de ce côté de l’Atlantique.

Aux États-Unis, la dégradation des conditions de travail pèse à la fois sur la santé des employés et sur la performance des entreprises. Telle est la thèse défendue par Jeffrey Pfeffer, reconnu comme l’un des meilleurs théoriciens du management contemporain, dans son dernier ouvrage.

120.000 morts par an

Contempteur des “faits et foutaises dans le management” dont il avait déjà dénoncé la toxicité dans un précédent livre, ce professeur de Stanford dénonce cette fois les “pollutions sociales” que représentent le culte du résultat à court terme, l’extension du travail précaire ou encore l’empiétement croissant de la sphère professionnelle sur la sphère privée. Mixées aux lacunes du système de protection sociale américain, ces lubies managériales auraient des conséquences dramatiques. Lire la suite