Conditions de travail : l’anti-modèle américain

« La dégradation des conditions de travail provoquerait, aux États-Unis 120.000 morts par an, dont 50.000 liées à l’absence d’assurance-maladie, 35.000 liées au chômage et 30.000 à l’insécurité de l’emploi ».

Dans un récent ouvrage, Jeffrey Pfeffer, professeur de management à l’université de Stanford dresse un tableau alarmant de la dégradation des conditions de travail résultant aux États-Unis des nouvelles formes d’organisation du travail. En soulignant les coûts exorbitants qui en résultent pour l’économie américaine, il souligne, par effet de contraste, les vertus du modèle économique et social européen. Un ouvrage à lire pour s’interroger sur la pertinence de certains virages à l’œuvre de ce côté de l’Atlantique.

Aux États-Unis, la dégradation des conditions de travail pèse à la fois sur la santé des employés et sur la performance des entreprises. Telle est la thèse défendue par Jeffrey Pfeffer, reconnu comme l’un des meilleurs théoriciens du management contemporain, dans son dernier ouvrage.

120.000 morts par an

Contempteur des “faits et foutaises dans le management” dont il avait déjà dénoncé la toxicité dans un précédent livre, ce professeur de Stanford dénonce cette fois les “pollutions sociales” que représentent le culte du résultat à court terme, l’extension du travail précaire ou encore l’empiétement croissant de la sphère professionnelle sur la sphère privée. Mixées aux lacunes du système de protection sociale américain, ces lubies managériales auraient des conséquences dramatiques. Lire la suite

Prévention du risque routier des métiers du BTP-Paysage

Des fiches pratiques adaptées à chaque métier

Dans le BTP, le risque routier est la deuxième cause d’accidents graves, voire mortels. C’est la raison pour laquelle, l’IRIS-ST, un organisme spécialement dédié aux questions de santé et de sécurité des entreprises artisanales du BTP et du Paysage, vient d’éditer, en partenariat avec l’OPPBTP et la Sécurité routière, un document dédié à la prévention de ce risque.

Un risque à inscrire dans le Document unique.

Après avoir rappelé les obligations légales qui incombent à l’employeur – à commencer par la nécessaire inscription de ce risque dans le Document unique -, ce mémo donne une foule de conseils pratiques relatifs à l’organisation des déplacements, l’aménagement et l’entretien des véhicules, ou la sensibilisation des conducteurs.

Des fiches par métiers et types de véhicules

Toutefois, comme les métiers du BTP et du Paysage se signalent par une grande variété et l’utilisation de véhicules forts différents, l’Institut a également réalisé des fiches différenciées. La fiche consacrée aux véhicules utilitaires est ainsi déclinée dans des versions spécifiques pour les peintres, les électriciens et les métiers du plâtre et de l’isolation tandis que d’autres fiches abordent les risques spécifiques des poids lourds, des engins de chantier et des remorques. Preuve que toutes les situations ont été envisagées, une fiche présente les règles de sécurité à suivre lors de la conduite accompagnée des apprentis !

Pour aller plus loin : Ces fiches sont librement téléchargeables sur le site de l’IRIS-ST : www.iris-st.org

SAUV life : une communauté de sauveteurs géolocalisés

Les arrêts cardiaques sont la cause de 40 à 50.000 morts par an.

SAUV life est une application gratuite qui géolocalise les sauveteurs volontaires à proximité de la victime et les dirige vers elle. Le temps ainsi gagné est précieux car les chances de survies diminuent de 10% pour chaque minute passée sans massage cardiaque. Actuellement le taux de survie n’est que de 5%.

Concrètement, quand le SAMU reçoit un appel,  il envoie les secours et déclenche l’application SAUV life. Si un volontaire se fait connaître, le service d’urgence lui donne des instructions pour la réalisation des gestes d’urgences. Ainsi, les salariés formés au secourisme (la formation de sauveteur secouriste du travail comprend une formation au massage cardiaque) peuvent valoriser leurs connaissances dans le cadre d’une chaine de solidarité.   le site SAUVlife

5 bienfaits de la prévention sur la performance de l’entreprise

“Souvent perçue comme une contrainte, voire un coût, la prévention peut, si elle est intégrée à la marche de l’entreprise, contribuer à l’amélioration de sa productivité et de sa performance.”

C’est la conviction défendue par un récent dossier de la revue Hygiène et sécurité du travail, publiée par l’INRS. Pour les experts consultés, la prévention des risques ne permet pas seulement d’éviter les coûts directs et indirects liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Elle relève, plus globalement, d’une démarche de progrès continu bénéfique à la performance globale de l’entreprise. Voici une synthèse de leurs arguments.

➤Réduire le coût des indemnisations et cotisations AT-MP

En évitant les accidents du travail et les maladies professionnelles, les actions de prévention des risques professionnelles permettent de réduire les coûts directs qu’ils entraînent. Comme le précise

Pierre Canetto, chargé de mission à l’INRS, il s’agit des “dépenses liées aux indemnités journalières, à l’indemnisation des victimes à la suite du sinistre, et celles liées aux soins”. Or, même mutualisées entre les entreprises d’un secteur professionnel, comme c’est le cas pour les entreprises de moins de 20 salariés, ces dépenses ne sont pas du tout anodines. Chargés de mission TPE-PME à l’INRS,

Patrick Laine et Marc Malenfer, soulignent ainsi que “pour l’activité de maçonnerie, le taux de cotisation AT-MP, autour de 8 % de la masse salariale, est comparable à la marge dégagée par l’entreprise”.

➤Éviter l’absentéisme et la perturbation du fonctionnement Lire la suite

Des TICS aux RPS

“Près de 25 % du temps de travail d’une entreprise tertiaire moyenne sont consacrés au traitement d’e-mails, soit 500 équivalents temps plein dans une entreprise de 2500 salariés !”

Un récent colloque met en garde contre les risques psychosociaux associés à un usage mal maîtrisé des technologies numériques.

À l’occasion d’un colloque international récemment organisé par Eurogip, les experts ont mis en garde les entreprises contre un usage non raisonné des technologies de l’information et de la communication (TIC). Ils estiment que “les risques psychosociaux liés aux TIC constituent un thème émergent” et que “beaucoup reste à faire” pour les prévenir.

“C’est une déception, dans le sens où après des années d’informatisation dans différentes entreprises, associations, etc., j’ai senti monter une vague de doléances qui peut se résumer dans la phrase : « Je n’ai pas le temps, je suis débordé », relate Thierry Venin., directeur de l’Agence départementale du numérique des Pyrénées-Atlantiques et auteur d’une thèse sur le lien entre TIC et RPS.

Tyrannie de l’immédiateté Lire la suite