La déclaration d’accident du travail mieux maîtrisée par les entreprises

“Près de deux tiers des entreprises du territoire national ont déclaré au moins un sinistre affec­tant un salarié sur l’année écoulée”, selon le baromètre de la gestion des risques profes­sionnels réalisé Singer Avocats. “Plus d’une déclaration sur deux concerne un accident du travail, un tiers résulte d’un accident de trajet et 10 % porte sur une maladie professionnelle”, précise l’enquête. Autre enseignement : dé­sormais, 77 % des entreprises interrogées déclarent “régulariser systématiquement leur déclaration d’accident du travail (DAT) dans les 48 heures”, comme l’exige cette procédure. Il s’agit d’une belle progression : en 2016, seules 54 % d’entre elles affirmaient s’ac­quitter de cette obligation dans les temps. Pour les experts du cabinet Singer Avocats, spécialisé en droit du travail et droit de la sécurité sociale, ce résultat démontre que “la connaissance des mécanismes d’instruction progresse”.

Prévention des risques professionnels : la nécessité d’assister les petites entreprises

En matière de prévention des risques professionnels, les micro et petites entreprises (MPE) font l’objet d’une atten­tion particulière.

50 % des salariés actifs français travaillent dans les MPE

Deux raisons l’expliquent. D’une part, l’im­portance de ces entreprises de 1 à 9 et de 10 à 49 salariés dans le tissu économique français. En effet, 98 % des entreprises françaises ont moins de 50 salariés et elles emploient la moitié de la main-d’œuvre française. D’autre part, les statistiques qui démontrent une forte concentration des accidents du travail dans ces entreprises. Ainsi, en 2014, 64 % des accidents du tra­vail mortels se sont produits dans des MPE, contre 35 % dans des entreprises de plus de 50 salariés. Améliorer la sécurité et la santé au travail (SST) dans ce type d’entreprise aurait donc un impact majeur à l’échelle de la société. Forte de cette conviction l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail a financé une étude visant à identifier les moyens d’y améliorer la prévention des risques.

Les contraintes spécifiques des MPE Lire la suite

Nouvelle baisse de la fréquence des accidents du travail : le beau résultat des efforts de prévention

baisse-arret-travail “Dans le BTP, les actions de prévention ont permis de faire diminuer les accidents de 3,1 % l’année dernière. En dix ans, ils ont reculé de 29 %.”

Record battu ! En 2016, la fréquence des accidents du travail recensés par la branche Accidents du travail-maladies pro­fessionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale a atteint son plus bas niveau historique, en reculant encore par rapport à l’année 2015.

Une baisse constante sur la longue durée

Il y a eu, en 2016, 33,8 accidents pour 1.000 salariés, contre 33,9 cas en 2015. Mais pour mesurer l’ampleur du chemin parcouru, il faut mettre ces chiffres en perspective. En effet, douze ans auparavant, le taux d’accidents s’établissait encore à 39,5 accidents décla­rés pour 1000 salariés. Et il atteignait 120 accidents en 1946 ! Or, pour les dirigeants de la Sécu, ce résultat traduit une évolu­tion durable. “Depuis 2013, écrivent-ils, la fréquence des accidents du travail marque un palier et reste à un des niveaux les plus bas depuis 70 ans”.

Pour expliquer cette baisse, certains obser­vateurs ne manquent certes pas de souli­gner qu’elle est aussi liée à une mutation du monde du travail, avec notamment un recul des activités dans lesquelles les accidents étaient fréquents.“La société a changé et les modes de travail aussi : l’industrie lourde a qua­si disparu du paysage”, notait déjà le Nouvel Observateur après la baisse de 2015. Lire la suite

Les 3 effets bénéfiques des sauveteurs secouristes du travail pour les entreprises :

Logo SST1. Le SST est d’abord un sauveteur

Le premier bienfait du SST est évident. Comme le stipule la circulaire 53/2007 qui lui est consacrée, il s’agit de “disposer, dans tous les établis­sements et sur les chantiers, d’hommes et de femmes en nombre adapté et bien répartis, capables d’intervenir immédiatement et efficacement après tout accident”. Arrêter ou limiter une hémorragie dans l’attente de secours, détecter à temps un coup de chaleur, ou tout simplement savoir comment prévenir les secours… En maintes circonstances, ces compétences pas si difficiles à acquérir ont permis de sauver des vies ou de réduire les conséquences d’un accident.

2. Le SST est aussi un préventeur

Mais le SST n’est pas seulement un sauveteur intervenant lorsque l’acci­dent est survenu. Il contribue aussi de plusieurs manières à la prévention des risques. Comme le souligne encore la circulaire 53/2007, “les sujets développés lors de la formation à la prévention des risques profession­nels rendent le SST plus conscient des conséquences de l’accident, plus motivé à adopter un comportement préventif et font ainsi progresser la prévention dans son entreprise. Le SST devient ainsi un précieux auxi­liaire de prévention capable, non seulement d’apporter son concours à la rédaction du document unique concernant l’évaluation des risques, mais également de faire remonter les informations nécessaires à son actualisation”. Lire la suite

Emmanuel Pochet : “Le sauveteur secouriste du travail est un acteur essentiel de la prévention des risques.”

Emmanuel POCHET

Emmanuel POCHET : le sauveteur secouriste du travail

Alors que, dans un contexte de risque terroriste élevé, une proportion croissante de nos compatriotes souhaite être formés au secourisme, Emmanuel Pochet, gérant de Point Org Sécurité, rappelle les bénéfices induits par la formation de “sauveteur secouriste du travail” en dehors même des circonstances exceptionnelles auxquelles notre pays fait face.

Altersécurité – A qui s’impose l’obligation de disposer de Sauveteurs secouristes du travail (SST) ?

Emmanuel POCHET – La plupart des employeurs sont concernés : les entreprises, les collectivités territoriales, les associations, etc. En effet, aux termes de l’article R. 4224-15 du Code du travail, “un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence dans :

1° Chaque ate­lier où sont accomplis des travaux dangereux ;

2° Chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux.”

Mais, comme le précise le site internet gouvernemental www. service-public.fr, “il est cependant recommandé dans la pratique de dépasser ces obligations ré­glementaires afin de disposer dans chaque entre­prise de personnels formés au SST, en nombre adapté et bien répartis, capables d’intervenir efficacement en cas d’accident”. Notre expé­rience valide ce conseil car les accidents ne sont pas toujours liés à la présence d’activi­tés ou d’équipements dangereux. En cas de chute, d’allergie, d’AVC, de malaise cardiaque aussi, la présence d’un salarié formé au secourisme peut éviter le drame. Lire la suite