NUMÉRO SPÉCIAL “SALON DES MAIRES 2019”

Plus d’un maire sur deux envisagerait de jeter l’éponge et d’abandonner tout mandat électif… Révélé par une récente enquête réalisée à l’initiative de l’Association des maires de France, ce profond malaise résulte de causes anciennes mais qui se sont, à l’évidence, considérablement aggravées ces dernières années (1).

Faire toujours mieux avec toujours moins

Il y a d’abord la question des moyens. “Faire toujours mieux avec toujours moins !”: c’est le défi quotidien relevé par les maires qui pointent la chute de leurs ressources alors que, parallèlement, les exigences ne cessent, elles, de croître. En effet, comme le souligne Philippe Del Socorro, directeur des ressources humaines de Bordeaux, “l’exigence et le niveau de service public attendus ont changé sous la pression des citoyens. On demande davantage à nos services publics, la qualité doit être irréprochable sur l’eau, les crèches, les écoles, les transports, les bibliothèques, etc. Cela a forcément un impact sur le quotidien”(2).

Mais les attentes des administrés ne sont pas seules en cause. Les obligations réglementaires sont également de plus en plus pesantes. “On doit en permanence monter en compétences” confie  Nathalie  Frier,  maire  de  Saint-Fons (Rhône) avant d’affirmer qu’elle consacre ses samedis à décortiquer les nouveaux décrets relatifs aux collectivités territoriales(3). De fait, les municipalités évoluent dans un environnement juridique de plus en plus complexe.

Même dans les petites communes, le “métier” de maire est devenu beaucoup plus technique qu’autrefois. Auteur d’un récent ouvrage analysant “le blues des maires”, le sénateur Éric Kerrouche, place “le trop plein de réformes” parmi les facteurs aggravant du ras-le-bol des élus locaux(4).

Transformer les contraintes en leviers de performance

Inutile  de  le  nier : dans  cette  inflation réglementaire, les obligations de prévention des risques qui incombent aux municipalités tiennent une part non négligeable. Il est vrai qu’elles sont importantes puisque, comme le rappelle Émilie Noël, Directrice Technique Prévention au sein de Point Org Sécurité, “à la différence des entreprises, les maires ne doivent pas seulement prévenir les risques concernant leurs employés mais également ceux qui concernent leurs administrés et que, dans tous les cas, leur responsabilité peut être engagée”.

Dès lors, la tentation est grande, pour des élus locaux, de considérer leurs obligations de prévention comme un écheveau de contraintes  venant  inutilement  complexifier leur  action.  Forts  des  quelque  75  000 missions significatives au profit d’environ 25 000  entreprises  et  collectivités  de  toutes tailles dans tous les départements français, nous comprenons parfaitement les difficultés et les réticences qui peuvent être les leurs. Mais  nous  pouvons  aussi  affirmer  qu’avec l’assistance de nos experts, les démarches de prévention peuvent représenter un véritable leviers de progrès et de performance, et ainsi contribuer  à  relever  le  défi  de “faire mieux avec moins de moyens”!

(1) Enquête 2018 de l’Observatoire de la démocratie de proximité AMF-CEVIPOF/Sciences Po, novembre 2018. (2) Entretien accordé au site acteurspublics.com, 14/06/18. (3) La Croix20/11/17. (4) Le blues des maires, par Éric Kerrouche, Fondation Jean Jaurès, novembre 2018, 96 p