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Jour
après jour, les spécialistes de Point Org Sécurité
scrutent l'actualité éditoriale en vue de présenter
aux lecteurs internautes d'ALTERSECURITE un large panorama de ce qui
se publie autour des pôles d'intérêt qui sont les
nôtres. Ces recensions constituent de simples éclairages
destinés à mieux appréhender les motivations des
scientifiques, des universitaires, des chercheurs et des journalistes
qui s'intéressent de près ou de loin aux délicates
questions de la santé et de la sécurité au travail.
Ces publications
constituent un baromètre signalant les orientations, les motivations,
les préoccupations et les tendances du moment. La dimension psychologique
ne doit pas être ignorée en un temps où les angoisses
et les peurs ressurgissent avec une puissance inavouée dans un
monde inquiet, en quête de sens et de repères.
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"Les
100 mots de l'économie",
par Jean-Paul Betbèze, PUF – Que sais-je
? – 127 p., 8 €. Ou comment s'y retrouver dans la jungle
des mots savants et moins savants de l'économie. Et à
tout seigneur, tout honneur, qu'est-ce donc que l'entreprise ? "L'entreprise
est l'organisme qui traite, pour décision et action, les informations
qui viennent des acheteurs effectifs et potentiels. Cette "action"
est la production de biens et services destinés à être
vendus. Plus précisément, comme un bien ou un service
ne se définit jamais par une seule caractéristique, il
s'agit plutôt d'un ensemble de prestations destinées à
être réunies puis vendues". Et le capital tant décrié,
quelle est sa définition ? "Le capital, c'est l'argent que
l'entrepreneur réunit pour lancer son opération. L'histoire
de toutes les entreprises commence avec des ressources monétaires.
Cet argent est ensuite mobilisé pour satisfaire les besoins solvables
et rentables, et les étendre, au moyen d'outils d'information
et d'une série de décisions. C'est ce qu'on appelle "entreprendre"".
Embaucher ? "C'est recourir aux services de salariés, pour
produire, vendre, analyser, communiquer, transporter… C'est savoir
détecter et mobiliser leurs capacités. Ces employés
apportent chacun leur travail à l'entreprise. En pratique, ils
acceptent d'obéir, un temps donné, aux demandes de leur
hiérarchie en contrepartie d'une rémunération.
Le contrat de travail est un contrat de moyens, pas de résultat".
Et investir alors ? "C'est transformer du capital monétaire
en capital réel, matériel ou immatériel".
On y trouve aussi la définition de termes très en vogue
dont on ne cerne pas toujours très bien les contours : altermondialisme
? "Ce mot récent, qui entoure la date de la chute du mur
de Berlin, reflète la globalisation de notre économie
et une réaction par rapport à cette évolution jugée
trop néo-libérale". Gouvernance ? "Très
vieux mot français du XII° siècle, repris le siècle
suivant pour définir l'art de gouverner". Et pour finir,
n'oublions pas une définition lapidaire de ce qu'est, au bout
du compte, l'économie : "C'est la façon de faire
au mieux avec ce dont on dispose. Voilà tout ce dont il s'agit"…
"L'économie
sociale de A à Z", collectif, Alternatives économiques,
hors-série pratique n° 22, 232 p., 9,50 €. "Les
manuels d'économie réduisent le plus souvent l'économie
à deux secteurs : d'un côté, une économie
marchande, dominée par les entreprises de statut capitaliste
; de l'autre, une économie publique, où l'Etat et les
collectivités locales offrent les biens et les services que le
marché est incapable de produire. Cette image ne correspond pas
à la réalité. Au sein de l'économie marchande,
de nombreuses entreprises poursuivent d'autres objectifs que d'enrichir
des actionnaires. Coopératives de production, banques mutualistes
et coopératives, mutuelles d'assurance ou de santé sont
certes tenues d'équilibrer leurs comptes pour assurer leur pérennité,
mais leur réussite ne se mesure pas au niveau de leurs résultats.
Leur but premier est de satisfaire leurs adhérents, associés
ou sociétaires. Elles montrent en actes que la force du nombre
peut se révéler plus forte que le pouvoir du capital.
Elles font pénétrer du collectif, du "public"
dans le "privé"". Ainsi les auteurs présentent-ils
ce dossier, au demeurant bien construit, sur une face de l'économie
mal connue. Rédigés par des spécialistes sous forme
de notules simples et précises, les articles de ce mémento
permettent de mieux saisir tout à la fois l'esprit et le fonctionnement
de l'économie sociale, apportant ainsi "la preuve que notre
société n'est pas une collection d'individus à
la recherche de leur seul intérêt individuel, sous l'autorité
d'un Léviathan bienveillant qui veillerait sur l'intérêt
général"…
"CRM
– La gestion de la relation client", par Stanley Brown,
éditions du Village mondial, 368 p., 30 €. Le CRM –
Customer Relationship Management – ou en français, gestion
de la relation, est une stratégie d'organisation transversale
de l'entreprise entièrement tournée autour du comportement
de ses clients. Quels en sont les principes de base ? Comment s'élabore
et se met en œuvre une stratégie clients ? Comment mettre
en place concrètement une stratégie canaux et produits,
comment activer une stratégie infrastructure ? Le livre ne se
borne pas à une présentation théorique et universitaire
de cette démarche. On y trouve également de nombreux exemples
concrets puisés dans de grandes entreprises et soigneusement
disséqués.
"L'efficacité
sans stress", par Marie-Claude Nivoix et Philippe Lebreton,
éditions d'Organisation, 230 p., 22 €. Ou comment mobiliser
au mieux ses émotions pour réussir. Bref, annoncent les
auteurs, il s'agit ici pour chacun d'entre nous d'inventer un futur
qui lui ressemble. Car il importe d'abord de savoir ce que l'on veut,
ce que l'on cherche réellement à accomplir, autrement
dit de formuler clairement les objectifs poursuivis. A partir de là,
on peut mobiliser au mieux nos ressources, pas forcément clairement
identifiées au départ, mais qu'il nous faut décrypter
afin d'optimiser nos chances de réussite. Les auteurs invitent
à un véritable apprentissage visant à piloter nos
émotions, à sortir du carcan de nos pensées, à
modifier notre relation au temps.
"Devenir
entrepreneur", par Alain Fayolle et Louis Jacques Filion,
éditions du Village mondial, 272 p., 28 €. Etre entrepreneur,
c'est d'abord un état d'esprit, que l'on possède naturellement
ou que l'on se forge peu à peu au cours de l'existence et des
expériences acquises. En ce sens, c'est aussi un enjeu de société.
C'est aussi la raison pour laquelle les auteurs envisagent la question
de l'entrepreneuriat à trois niveaux, individuel, organisationnel
et sociétal, puis proposent des démarches et des outils
concrets universels à mettre en œuvre pour faciliter la
réalisation des projets d'entreprise. Quelles que puissent être
les facultés naturelles inhérentes à chacun, il
y a un certain nombre de recettes à connaître et de leçons
à tirer des expériences vécues.
"Devenir
un bon manager", Enjeux les Echos, n° de février
2006, 106 p., 3 €. Nous n'avions pas pris le temps le mois dernier
de commenter ce numéro spécial management 2006 d'Enjeux
les Echos, c'est aujourd'hui chose faite. "Entre exigence d'efficacité
et besoin de reconnaissance, la vie du manager n'est pas un long fleuve
tranquille. Il doit aussi résister au stress, tout en veillant
à l'épanouissement de ses troupes". Il lui faut donc
tout à la fois "être reconnu : équilibrer le
souci d'efficacité avec le désir d'être apprécié",
"tirer parti de l'erreur : s'affranchir de la loi du silence pour
apprivoiser les défaillances", "manager la diversité
: développer ce qui rassemble une équipe, limiter ce qui
la divise", "savoir durer : éviter les deux écueils
d'une carrière, le stress et la routine". On y trouve aussi
quelques recettes utiles pour manager son équipe au jour le jour.
Regorgeant d'anecdotes et d'exemples de terrain, ce numéro est
– comme toujours pourrait-on dire – bien fait, tout à
la fois profond et d'abord agréable.
"Le
manager entrepreneur", par Olivier Basso, éditions
du Village mondial, 256 p., 25 €. Dans la même veine que
précédemment, voilà un ouvrage pratique de référence
à l'usage des managers pour les aider à trouver leur pleine
dimension d'entrepreneur. D'où le sous-titre, "Entre discours
et réalités, diriger en entrepreneur". Pour ce qui
est du discours, il s'agit d'abord d'éclaircir un certain nombre
de mots-clé et de concepts, ou encore de déchiffrer les
langues de bois pour trouver le vrai sens des mots, démarche
qui permettra de comprendre les véritables motivations de l'entreprise.
Puis les auteurs passent à la vitesse supérieure et s'efforcent
de mesurer le degré de dynamique de l'entreprise dans son environnement,
d'estimer et mesurer les capacités du manager à remplir
ses objectifs et à en déceler puis atteindre de nouveaux.
"Les
nouveaux défis du leadership", par Annie McKee et Richard
Boyatzis, éditions du Village mondial, 300 p., 30 €.
"L'intelligence émotionnelle au travail", le premier
livre de R. Boyatzis et A. McKee s'efforçait de répondre
à la question : "Comment devient-on leader ? Sur quoi repose
le leadership ?". Aujourd'hui, ils poursuivent sur leur lancée
: "Comment fait-on pour entretenir son leadership" ? De fait,
dans un monde de plus en plus complexe, où la pression se fait
de plus en plus forte, il s'agit pour le manager de résister
à la pression croissante et de préserver sa capacité
d'être en accord avec soi-même et avec autrui, c'est-à-dire
prioritairement ses équipes.
"La
gestion de projet par étapes – L'analyse des besoins",
par Hugues Marchat, éditions d'Organisation, 226 p,
35 € (avec un CD-Rom). L'auteur, spécialisé dans
le conseil et la formation en conduite de projet, est aussi enseignant
au CNAM et à l'École Centrale de Paris, et intervient
en entreprise pour mettre en place des solutions de conduite de projet.
Il propose ici 25 outils permettant d'analyser et mesurer la nature
de vos besoins, et 25 documents prêts à l'emploi pour établir
le cahier des charges au plus près des besoins recensés.
Pour l'auteur, la réussite d'un projet passe prioritairement
par une approche fine de cette phase initiale, qui conditionne la réussite
"dans la mesure où elle définit les besoins réels
de ceux qui vont utiliser le résultat final.
Phase de communication et d'échange, elle est souvent le reflet
du résultat final. Nécessitant rigueur et méthode,
c'est une des phases les plus difficiles de la conduite de projet".
Ce livre est le premier d'une série de 4 pour réussir
à chaque étape de la conduite de projet : l'analyse des
besoins ; l'analyse technique et la réalisation ; les tests et
la mise en service ; la gestion d'un portefeuille de projets, des études
préalables et des études de faisabilité.
"La
fabrique des meilleurs", par Patrick Fauconnier, Seuil,
282 p., 20 €. "Soyons clairs, sur une génération
de 750.000 jeunes, 150.000 sortent sans diplôme. Et aujourd'hui,
dans une France adepte de la "diplômite", sans diplôme,
on n'est rien. On est exclu. Tout simplement". "La fabrique
des meilleurs" est un livre sorti il y a déjà quelques
mois qui vaut d'être réétudié du fait de
l'actualité du dossier CPE. Fondateur du magazine économique
Challenges, l'auteur est aussi grand reporter au Nouvel Observateur,
chargé des questions touchant la formation professionnelle et
l'entreprise. Il avait déjà publié en 1996 un essai
remarqué, "Le talent qui dort. La France en panne d'entrepreneurs".
"Toute communauté qui confisque du savoir, du travail et
de la considération, crée une somme équivalente
de rancœur et donc de violence. Notre culture de gouvernement,
héritée de Louis XI, Colbert et Napoléon, est élitiste,
centralisatrice et par conséquent arrogante et suffisante. Elle
répugne à se remettre en cause. Satisfaite d'elle-même,
foncièrement conservatrice, elle éprouve les plus grandes
difficultés à intégrer les changements qui marquent
l'évolution de la planète. Elle s'est révélée
remarquablement efficace pour agréger et souder la nation en
des temps de péril aux frontières. Mais face à
l'ouverture des échanges et du commerce, à l'irruption
de nouvelles technologies sans frontières, à l'accueil
dans le pays de nouvelles cultures, elle se révèle très
figée et inadaptée, générant des peurs irrationnelles
qui font le lit de l'extrême gauche comme de l'extrême droite".
"De
Sénèque à Lévi-Strauss – Ils racontent
la mondialisation", anthologie de Laurent Ferri préfacée
par Laurent Joffrin, éditions Saint-Simon, 274 p., 12
€. "Cruelle déception pour les penseurs de la nouveauté
: la réflexion sur la mondialisation, source de tant d'essais
modernes, est une activité vieille… comme le monde. Il
a fallu la suffisance de notre temps sans mémoire pour effacer
cette réalité première. Depuis qu'un navire a mis
pour la première fois le cap sur l'horizon, depuis que la première
caravane a disparu dans la poussière lointaine, l'homme sait
qu'il y a un monde au-delà de son monde et qu'un jour les voyageurs,
les savants et les guerriers en auront fait le tour, l'auront mis dans
leur main. Depuis que le monde est monde, donc, on discute de mondialisation"
Cette anthologie est d'une simplicité désarmante, et nous
fait voyager à travers les siècles sur un mode pédagogique.
A chaque fois, trois-quatre pages extraites d'une œuvre d'un auteur
célèbre mettent en évidence les interrogations
que suscite l'ouverture sur le monde. Au bout du compte, un petit livre
assez drôle et facile à lire.
"L'autorité
en crise", Enjeux les Echos, n° de mars, 138 p., 3
€. Petit florilège des têtes de chapitre qui en disent
long sur la déliquescence des pouvoirs dans notre société
:"Dans l'entreprise, à l'école, dans la vie politique,
les transgressions se multiplient et les élites sont contestées.
Avant un retour brutal de l'autorité ?". "Parents,
professeurs, managers, prêtres, policiers, médias : ils
incarnent le pouvoir, la morale et la loi. Mais leur influence est partout
remise en cause. Parfois violemment". "Remis en cause, les
détenteurs du pouvoir économique ou politique travaillent
à restaurer leur légitimité. Les nouvelles générations
cherchent une autre façon de s'engager". "Les transgressions
se multiplient et l'absence de toute limite favorise le retour de l'autoritarisme.
Mais c'est souvent en brisant les tabous que l'on fait progresser l'humanité".
Un numéro spécial qui fait un large tour d'horizon d'une
question dont on n'a pas fini de débattre. Dans le même
esprit, mais sur un mode plus théorique, voir "Le pouvoir
des commencements – Essai sur l'autorité", par Myriam
Revault d'Allonnes, Seuil, 267 p., 21 €.
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