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Jour
après jour, les spécialistes de Point Org Sécurité
scrutent l'actualité éditoriale en vue de présenter
aux lecteurs internautes d'ALTERSECURITE un large panorama de ce qui se
publie autour des pôles d'intérêt qui sont les nôtres.
Ces recensions constituent de simples éclairages destinés
à mieux appréhender les motivations des scientifiques, des
universitaires, des chercheurs et des journalistes qui s'intéressent
de près ou de loin aux délicates questions de la santé
et de la sécurité au travail.
Ces publications constituent
un baromètre signalant les orientations, les motivations, les préoccupations
et les tendances du moment. Cette dimension psychologique ne doit pas
être ignorée en un temps où les angoisses et les peurs
ressurgissent avec une puissance inavouée dans un monde inquiet,
en quête de sens et de repères.
"Cadre
de vie et travail : les dimensions d'une qualité de vie au quotidien",
sous la direction de Daniel Bley, Edisud, 280 p., 25 €. Prendre en
compte la qualité de vie est devenu une exigence pour nos contemporains,
non pas que les Anciens ignoraient ce concept mais force est de reconnaître
qu'aujourd'hui l'approche est devenue plus subtile et plus exigeante.
En effet, l'amélioration de la qualité de la vie fait désormais
l'objet d'une approche scientifique, visant à améliorer
voire à servir de fondement à des programmes opérationnels
ou des actions de terrain. Chargé de recherches au CNRS, spécialiste
d'anthropologie biologique, Daniel Bley s'est longtemps penché
sur les interactions existant entre faits biologiques et culturels, en
étudiant la structure et la dynamique des populations d'aujourd'hui,
dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, approche qui se trouve confortée
dans ce livre. "J'ai entrepris de réorienter une partie de
mes recherches vers des questions qui ressortissent des domaines de l'anthropologie
de la santé et de l'écologie, avec pour objectif de travailler
à l'émergence d'une écologie scientifique humaine,
définie dans une dualité du biologique et du social, en
vue d'évaluer les conditions d'autonomie nécessaires au
dévelopement de l'homme vis à vis de son environnement naturel
et social", explique-t-il sur son site internet. Daniel Bley est
directeur du certificat d'écologie humaine de l'IEP d'Aix-en-Provence
et participe au DEA d'anthropologie "biologie humaine et société"
de l'université d'Aix-Marseille III.
"Guide
des urgences familiales", par René Gentils, Pocket,
480 p. 12,30 €. Sous-titre explicite : "apprendre les gestes
qui sauvent et savoir quoi faire en toutes circonstances" ! Ce dictionnaire
pratique réalisé par un médecin est facile d'accès,
de compréhension et d'utilisation. On y trouve présentées
toutes les notions de base essentielles pour le secourisme, les règles
élémentaires de la prévention. L'esprit pratique
de l'ouvrage se trouve exposé d'emblée dès l'ouverture
du chapitre premier : "Un accident, ça n'arrive pas qu'aux
autres : tout le monde est concerné un jour ou l'autre, pour lui-même,
pour un proche ou tout simplement comme témoin. Agir devant un
accident exige un savoir minimum, indispensable à tout homme et
toute femme d'aujourd'hui, mais que bien peu ont eu l'occasion d'acquérir.
Les gestes d'urgence ne font en effet partie ni du programme scolaire,
ni du permis de conduire, alors qu'au moins une mort accidentelle sur
quatre pourrait être évitée dans les trois minutes
qui suivent l'accident. Sauver la vie, c'est souvent faire un geste simple,
à la portée de tous, pendant ce laps de temps inévitable
et incompressible entre l'accident et l'arrivée des secours. Chacun
peut apprendre à protéger une victime, à la faire
respirer, à l'empêcher de s'étouffer ou encore à
arrêter une hémorragie grave. En maintenant la vie pendant
ces dix premières minutes, vous la sauvez souvent définitivement.
Et combien d'accidents pourraient être évités par
l'adoption de mesures préventives simples"…
"Système
d’information sanitaire", de Jean-Pierre d'Altilia,
Jean-Pierre de Lamalle, Paul de Caluwé, Isaline Greindl, Frédérick
Lecherlier et Alain Wodon, L’Harmattan (2e édition), 230
p., 21,50 €. Dans l’hémisphère Sud, la santé
publique est un enjeu au moins aussi crucial que dans l’Hexagone.
Si la situation sanitaire des populations est rarement satisfaisante au
regard des critères occidentaux, les systèmes d’information
sanitaire des pays en développement ont connu des progrès
constants ces dernières années. Cette étude de l’AEDES
(Agence européenne pour le développement et la santé)
présente un état des lieux de ces systèmes ainsi
qu’une méthode pour les utiliser et les interpréter.
Aujourd’hui, le défi semble être en effet celui de
leur utilisation et de la reconnaissance de leur utilité par toutes
les parties prenantes du système de soins. Cette édition
réactualisée privilégie une approche très
concrète, tentant d'apporter aux différents acteurs concernés
des références récentes et des appuis pratiques dans
leurs tâches et missions opérationnelles.
"L’ère
du risque : de la prévention au principe de précaution",
présenté par Jean-Pierre Stasi, Bourin éditeur, 282
p., 24 €. Alors que la société dans son ensemble n’a
jamais été aussi protégée contre le risque,
le sentiment d'insécurité ne cesse de croître. Le
vocabulaire véhiculé par les médias, les élus
et les professionnels est éloquent : il n’est plus question
depuis quelques années que de "risque zéro", de
"principe de précaution" ou encore de "veille sanitaire".
Il est vrai que des crises réelles, de la vache folle à
la grippe aviaire, ont pu asseoir le bien-fondé de la demande de
prévention. Pour autant, "s'il est légitime pour un
salarié de revendiquer le droit à la santé au travail
ou pour un consommateur de vouloir acheter des produits sains, l'exigence
du "tout sécuritaire" ne risque-t-elle pas de paralyser
toute initiative économique ou sociale ?" Question lancinante
et cruciale qui plane sur la série d’entretiens réalisés
par Jean-Pierre Stasi, secrétaire général de l’OPPBTP
(Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des
travaux publics), auprès de médecins, chercheurs, sociologues,
hommes politiques, chefs d'entreprise, syndicalistes ou encore juristes.
Ces différentes interviewes permettent de comprendre l’évolution
de la notion de risque, et surtout de son appréhension sociale,
débouchant sur la mise en place des politiques actuelles de prévention.
Mais ils apportent surtout un éclairage sur les contours possibles
de la société de demain, qui devra répondre à
ces trois questions : "Peut-on tout prévoir ? Peut-on tout
assurer ? Y a-t-il des risques acceptables ?" Un débat qui
ne fait que commencer sur "les frontières de l’assurable"
et donc le rôle du politique au sein d’une société
de plus en plus atomisée et traversée d’exigences
souvent contradictoires.
"Entre
protection et compassion. Des politiques publiques travaillées
par la question sociale (1980-2005)", sous la direction
de René Ballain, Dominique Glasman et Roland Raymond, Presses Universitaires
de Grenoble (PUG), 320 p., 25 €. Le politique est encore interrogé
dans l’essence de sa fonction avec cet ouvrage collectif à
la fois incisif et stimulant. Spécialiste du logement, René
Ballain a réuni une équipe pluridisciplinaire composée
de nombreux contributeurs (Elisabeth Maurel, Dominique Mansanti, Philippe
Estèbe, Olivier Chavanon, François Sicot, etc.) qui se sont
attelés à une lecture critique et transversale de l’intervention
politique dans le domaine de l’exclusion sociale ou spatiale. Il
est donc ici question de thèmes aussi variés que l'insertion
par l’économique, la politique d’intégration
et celle de la ville, les contrats locaux de sécurité ou
encore l’éclosion des notions de "proximité"
et de "cohésion sociale" dans le discours des élus.
Au-delà de la transformation, naturelle sur une période
aussi longue, des modes et méthodes d’intervention publique,
les auteurs croient déceler dans ces différentes politiques
un risque d’enfermement vers des dispositifs d’assistance,
voire un simple "traitement humanitaire de la misère"
à rebours des missions dévolues aux pouvoirs publics : "Quand
la perspective n'est plus l'accès de tous aux droits fondamentaux,
quand l'accès à un logement, à un emploi, à
une formation professionnelle n'est plus assuré et que la puissance
publique substitue à cette finalité un simple "accompagnement"
vers le logement, ou vers l'emploi… les politiques réduisent
considérablement leur ambition. Faute d'assurer un accès
inconditionnel aux droits, faute de consacrer les moyens nécessaires
à une action correctrice des inégalités, faute de
véritable obligation de résultat, les politiques qui prétendent
traiter l'exclusion pourraient finalement réduire leur ambition
à un exercice de compassion, signe de leur impuissance". Comme
le suggère le titre du livre et comme le souligne Roland Raymond
en conclusion, nous sommes confrontés à des tendances lourdes
mais aussi à un processus multiforme dont l’issue reste incertaine.
C’est pourquoi cet ouvrage se veut autant un signal d’alarme
qu’un appel collectif à la construction d'un système
renouvelé de protection publique face aux nouveaux risques sociaux.
"Santé
et expériences de soins : de l’individu à l’environnement
social", de Pierre Chauvin et Isabelle Parizot, Vuibert,
292 p., 30 €. Cette publication rend compte des contributions et
réflexions issues des séminaires pluridisciplinaires "Santé,
inégalités et ruptures sociales" coordonnés
par l'équipe de recherche sur les déterminants sociaux de
la santé et du recours aux soins de l'Inserm. Dans le prolongement
d'une première publication, "Santé et recours aux soins
des populations vulnérables" (Éditions Inserm 2005),
celle-ci fait le choix d'aborder des thèmes de santé publique
en croisant à la fois le regard des patients et des professionnels
et les approches méthodologiques et disciplinaires (sociologie,
épidémiologie, modélisation statistique…).
Destiné à un public spécialisé, cet ouvrage
envisage les différentes modalités de prise en charge des
situations particulières à travers quatre types de cas (personnes
âgées et handicapées, incarcérées, en
soins palliatifs), pour en décrire à la fois les logiques
d’action, le jeu des acteurs et les difficultés rencontrées.
Il souligne ainsi l’interaction entre les modes de prise en charge
et les représentations de la société et des professionnels
à l'égard de ces personnes en "ruptures sociales".
Une appréhension globale de l'influence du contexte social sur
la santé et le recours aux soins qui débouche sur "la
nécessité aujourd'hui, tant pour la recherche que pour l'action
en santé publique, de considérer l'individu malade ou l'usager
du système de soins non plus de façon isolée mais
comme un être social, intégré dans un milieu social
au sens large : familial, amical, professionnel, résidentiel".
"La
santé au miroir de l’économie : une histoire de l’économie
de la santé en France", de Daniel Benamouzig, PUF,
496 p., 34 €. Contrairement à ce que pourrait laisser entendre
le titre de ce livre, c’est encore essentiellement au prisme de
la sociologie qu’est ici abordé le système de santé
français. Enseignant à Sciences po., chargé de recherche
au CNRS et membre du CERMES (Centre de recherche médecine, sciences,
santé et société), l’auteur a déjà
publié, en collaboration avec François Cuzin, "Economie
et sociologie" (PUF, 2004). Il examine ici plus spécifiquement
la façon dont l’Etat s’est doté, dans les années
50 à 70, des outils lui permettant une gestion planifiée
des besoins sanitaires du pays. Partant de cette histoire singulière,
il s’interroge sur l’avènement d’une vision strictement
économique, voire libérale, de notre système de santé,
appuyée il est vrai par l’aggravation structurelle des déficits
dont l’abyssal "trou de la Sécu" constitue le symbole
même.
"Histoire
politique de la Sécurité sociale française (1945/1952)",
de Henry C. Galant, Association pour l’étude de l’histoire
de la Sécurité sociale, CHSS/AEHSS, 208 p., 42 €. Réédition
d’un ouvrage majeur paru chez Armand Colin en 1955, cette étude
fouillée de l'Américain Henry C. Galant reste, un demi-siècle
après sa publication, un repère fondamental pour tous ceux
qui s'intéressent à la construction de notre système
de protection sociale actuel. Si l’auteur s’est surtout appuyé
sur les débats parlementaires et les documents administratifs de
l’époque, il n’a pas omis de compléter cette
approche politique d’une vision plus opérationnelle, en interrogeant
les responsables des institutions nouvelles. L’ensemble est très
chronologique, ordonné autour de cinq chapitres abordant successivement
les différentes phases de l’élaboration des textes
législatifs, les élections de 1947 et 1950 aux conseils
d’administration des caisses, puis les pouvoirs et l’action
de ces conseils. L’auteur souligne pertinemment les deux questions
qui ont dominé toutes les autres : celle de l’unité
des caisses (intimement liée aux problèmes de généralisation
de la sécurité sociale à l’ensemble de la population)
et celle de la gestion démocratique de ces organismes. Surtout,
il voit bien que ce sont des considérations davantage politiques
que techniques qui ont présidé aux conditions de gestion
des caisses. Après l’ouvrage d’Henri Hatzfeld, ("Du
paupérisme à la Sécurité sociale, 1850-1940",
Armand Colin 1971), l’"Histoire politique de la Sécurité
sociale française" reste incontournable pour embrasser l’ensemble
de la période qui a vu la gestation puis la mise en place de notre
système de protection sociale actuel.
"L’univers
de la protection sociale : un héritage en question",
de Laurent Laot, L’Harmattan, 360 p., 30 €. Le récent
cinquantenaire de la "Sécu" a décidément
provoqué un foisonnement de publications, toutes orientées
vers la défense et la légitimation d’un système
aujourd’hui en crise. Ordonné prêtre en 1965, s’inspirant
du personnalisme communautaire défini par Emmanuel Mounier, Laurent
Laot est diplômé de Sciences po. et enseignant à l’Université
de Brest (UBO). Il s’interroge depuis de nombreuses années
sur les interactions entre systèmes économiques et attentes
sociales, en prenant tout particulièrement en compte l’accélération
de la mondialisation. Cet ouvrage se veut l’exploration de cette
"terre inconnue" (Paul Durand) que constitue la protection sociale,
organisée en France autour des trois pôles que sont la Sécurité
sociale, l'aide sociale et l'action sociale. "Les droits sociaux
ne sont reconnus en droit que depuis 51 ans, et leur notion apparaît
dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de
1948 article 22 : une personne en tant que membre de la société
a droit à la sécurité sociale. Elle est fondée
à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux
et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement
de sa personnalité grâce à l’effort national
et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation
des ressources de chaque pays. On entend par sécurité sociale
le droit à la sécurité dans des conditions de vie
et dans les relations que l’on a sur le terrain économique
avec d’autres groupes. C’est essentiellement le droit du travail".
Au-delà de l’aspect descriptif, Laurent Laot s’attache
à défendre le modèle français en décryptant
les tenants et les aboutissants de ses composantes institutionnelles.
"Guide
des prestations sociales 2005 : le guide pratique", d’Alain
Delorme, Seconde Edition, 188 p., 10,90 €. Réédition
d’un guide pratique, clair et précis, qui détaille
l'ensemble des aides offertes par la Sécurité sociale (prestations
familiales, allocations logement, maladie, maternité, retraite
de base, minima sociaux, invalidité...) mais aussi les prestations
proposées par d'autres régimes (comme l'assurance chômage
ou la retraite complémentaire), ainsi que les conditions à
remplir et formalités à accomplir. Au-delà de son
aspect indubitablement fonctionnel, cet ouvrage illustre la multiplicité
des aides qui font la "Sécu" au quotidien et dont on
peut mesurer à la fois l’utilité, l’étendue
et l’emprise sociales.
"C’est
n’importe quoi ! Situations et décisions absurdes au travail",
de David Autissier, Eyrolles, 125 p., 12 €. Déjà auteur
avec Jean-Michel Moutot d’un ouvrage remarqué sur la conduite
du changement ("Pratiques de la conduite du changement : Comment
passer du discours à l'action", Editions d’Organisation
2003), cet expert de la performance collective dénonce ici avec
humour les situations absurdes qui font le quotidien des entreprises.
Ce livre, qui a fait l’objet d’une couverture médiatique
importante, se présente sous la forme d’un recueil de dix
nouvelles romancées qui décrivent la semaine de travail
d'un salarié au sein de son entreprise, et plus particulièrement
sa manière de voir l'utilité de certains projets et décisions.
Sous la forme apparente du divertissement, plutôt réussi,
David Autissier, par ailleurs maître de conférences à
l'Université Paris XII, interroge habilement le lecteur sur ses
méthodes de travail et promeut, en creux, son cœur de métier
: la nécessité et la conduite du changement dans les organisations.
Pour consulter le blog de David Autissier : http://www.portenawak.fr/
"RH
fiction et réalité", de Jean-Pascal Arnaud
et Patrick Bouvard, Editions d’Organisation, 238 p., 24 €.
Praticiens des ressources humaines et de la communication, les auteurs
entendent dépasser "la tragi-comédie des ressources
humaines" pour les resituer dans un contexte plus large et leur donner
du sens : "La gestion des ressources humaines est une de ces disciplines
transverses où règne souvent un grand désordre, chacun
se débattant comme il peut pour se représenter son rôle
de manière cohérente. En pleine désorientation. Nul
ne voit clairement, à ce jour, le fil d’Ariane qui permettrait
de sortir de cette impasse et ne pas retomber, tôt ou tard, sur
l’opposition binaire – et sans issue féconde –
de l’économique et du social. Sans projet durable réel.
Sans projet politique cohérent. Il est aisé de constater
qu’il en est de même dans la société et dans
ce que le monde nous présente de solutions "d’avenir".
Les clés de la modernité nous font défaut. Nous errons
de portes en portes sans savoir lesquelles ouvrir, tant nous craignons
l’impasse. Il conviendrait de trouver un" jeu" de clés
ou, mieux encore, un "passe" qui nous permette de toujours envisager
une issue positive". Il s’agit ici moins de proposer un modèle
opérationnel supplémentaire qu’un système de
représentation de la problématique d’entreprise dans
toutes ses dimensions, en prenant soin de resituer l’homme au cœur
de la démarche entrepreneuriale. Loin de la plupart des études
et manuels du genre, cet ouvrage restitue à la fonction RH son
rôle premier autant que sa double fonction, à savoir concilier
l’approche "humaniste" et les exigences sociétales.
A noter : Patrick Bouvard, philosophe de formation, est le rédacteur
en chef du site d’informations professionnelles www.rhinfo.com
"Le
DRH stratège : le nouveau mix stratégique des ressources
humaines", de Bruno Dufour et Yves Réal, Editions
d’Organisation, 288 p., 30 €. Dans la même veine que
l’ouvrage précédent, celui-ci propose une approche
complète et intégrée de la fonction RH et de sa contribution
opérationnelle, en lien avec la stratégie de l'entreprise
et son environnement, ainsi que des pistes d'action pour les responsables
ressources humaines. Pour rétablir le rôle stratégique
clé des RH au sein de l’entreprise, les auteurs développent
en particulier l'idée d'un "mix stratégique des RH"
autour de "5C" (compétences, carrière, compensation,
coopération, communication), en appuyant leur démonstration
d’une multitude d’exemples concrets puisés au sein
d’entreprises existantes. Véritable vade-mecum du responsable
RH, ce livre expose les dernières bonnes pratiques ("Universités
d’entreprise" ou corporate universities notamment) et participe
pleinement des débats en cours au sein des organisations face au
double effet de la mondialisation et du vieillissement démographique
sur la gestion des personnels.
"L’intéressement
et la participation à la portée de tous",
de Jean-Jacques Ballan, Editions d’Organisation, 150 p., 19 €.
Il s’agit d’un guide pratique visant à comprendre et
réussir la mise en œuvre de la loi, en affirmation constante
dans ce domaine, ce qui ne constitue pas le moindre des défis !
En effet, la participation (ou l’épargne salariale), qui
concerne plus d'un salarié sur deux, a fait l'objet d'importantes
réformes. Les questions qu'elle soulève constituent de vrais
défis pour l'économie et la société françaises
: financement des retraites, répartition plus juste des fruits
de la croissance entre entreprises et salariés, actionnariat salarié,
personnalisation et dynamisation des rémunérations comme
des parcours professionnels... Il n’est donc pas surprenant que
l’intéressement et la participation soient devenus des thématiques
majeures des travaux législatifs de la dernière décennie.
Sur les cinq dernières années, de la circulaire du 22 novembre
2001, publiée à la suite de la loi du 19 février
2001 relative à l’épargne salariale, à la circulaire
du 14 septembre 2005, toujours relative à l’épargne
salariale, les dirigeants d’entreprise, directeurs de ressources
humaines, gestionnaires de fonds, représentants du personnel et
salariés ont dû tenir compte de 8 lois accompagnées
de leurs multiples décrets d’application… Il n’est
donc pas toujours facile de se retrouver dans le maquis des différents
plans d’épargne entreprise (PEE, PEI, PPESV, PERCO) et des
articles du Code de Travail (respectivement L441-1 à L441-7 pour
les accords d’intéressement et L442-1 à L442-17 pour
les accords de participation). L’ouvrage de Jean-Jacques Ballan
permet de mieux comprendre les mécanismes de ces deux dispositifs
de rétribution, d'en déterminer les avantages compte tenu
des risques et des opportunités qu'ils comportent, et d'en étudier
la mise en place et le développement au sein des entreprises. En
sous-titrant son livre "Modernisez votre politique de rémunération",
l’auteur en élargit de surcroît la portée. Au-delà
des considérations juridiques, ce docteur en sciences économiques,
chargé de cours à l’Université Paris XIII-Villetaneuse,
entend jeter les bases d'un langage commun sur la motivation du personnel,
thème essentiel du management de l'entreprise mais aussi préoccupation
sociale et politique. La réflexion dans ce domaine est en effet
toujours d’actualité, comme l’illustre le rapport parlementaire
"Une ambition : la participation pour tous", remis au Premier
ministre le 28 septembre 2005. Les députés UMP Jacques Godfrain
et François Cornut-Gentille y présentent un ensemble de
propositions supplémentaires à destination des salariés
(création d’un livret d’épargne salariale attribué
à chaque salarié, participation élargie aux salariés
intérimaires, nouvelles clauses de déblocage de la participation),
des entreprises (dont la création d’un centre national de
la participation) et en faveur d’une meilleure gouvernance des entreprises
(notamment l’obligation pour les entreprises du CAC 40 d’atteindre
le seuil de 5 % d’actionnaires salariés dans leur capital).
Pour consulter la dernière circulaire (14/09/2005) relative à
l'épargne salariale :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=%20SOCX0508715C
"Le
Damier Stratégique : pour une nouvelle vision de l’entreprise",
de Gérard Jean et Philippe Jean, Editions d’Organisation,
160 p., 27 €. Praticiens et spécialistes du conseil en management,
les auteurs partent du constat que l’environnement des entreprises
est à la fois de plus en plus complexe et mouvant, mais souhaitent
dépasser le diagnostic désormais convenu pour proposer aux
dirigeants, à partir d’une cartographie lisible de leur entreprise,
une véritable "thérapeutique". Rejoignant l’antique
impératif de Socrate ("Connais-toi toi-même"),
ils estiment en effet que le développement d’une entreprise
suppose au préalable de "répondre à cette question
primordiale : dans cet environnement turbulent, comment se penser simplement
pour mieux agir ?" Pour cela, ils ont développé trois
notions : l'"urbanisation" (repérage des grands ensembles
et de leurs liens), le "Damier Stratégique" (qui consiste
à "transformer du compliqué ou du complexe et à
le rendre abordable" en suivant les processus clés de l'entreprise
et la manière dont les services sont coordonnés), et enfin
le "Plan de Gouvernance" qui en découle (en décrivant
le degré de mutualisation entre les processus de l'entreprise).
Eloge de la simplicité et du pragmatisme dans la conduite des affaires,
cette étude se compose d’une première partie théorique
et d’une seconde constituée de "retours d’expériences"
censés en illustrer la pertinence. Si elle ne révolutionne
pas les pratiques managériales actuelles, elle participe de la
démarche plus globale initiée par ailleurs par l’intelligence
économique pour éclaircir le "brouillard de la guerre"
économique et adapter les réflexes et l’organisation
des entreprises à la conjoncture hautement concurrentielle issue
de la mondialisation.
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