NUMERO 5

JANVIER 2006

Jour après jour, les spécialistes de Point Org Sécurité scrutent l'actualité éditoriale en vue de présenter aux lecteurs internautes d'ALTERSECURITE un large panorama de ce qui se publie autour des pôles d'intérêt qui sont les nôtres. Ces recensions constituent de simples éclairages destinés à mieux appréhender les motivations des scientifiques, des universitaires, des chercheurs et des journalistes qui s'intéressent de près ou de loin aux délicates questions de la santé et de la sécurité au travail.

Ces publications constituent un baromètre signalant les orientations, les motivations, les préoccupations et les tendances du moment. Cette dimension psychologique ne doit pas être ignorée en un temps où les angoisses et les peurs ressurgissent avec une puissance inavouée dans un monde inquiet, en quête de sens et de repères.

"Cadre de vie et travail : les dimensions d'une qualité de vie au quotidien", sous la direction de Daniel Bley, Edisud, 280 p., 25 €. Prendre en compte la qualité de vie est devenu une exigence pour nos contemporains, non pas que les Anciens ignoraient ce concept mais force est de reconnaître qu'aujourd'hui l'approche est devenue plus subtile et plus exigeante. En effet, l'amélioration de la qualité de la vie fait désormais l'objet d'une approche scientifique, visant à améliorer voire à servir de fondement à des programmes opérationnels ou des actions de terrain. Chargé de recherches au CNRS, spécialiste d'anthropologie biologique, Daniel Bley s'est longtemps penché sur les interactions existant entre faits biologiques et culturels, en étudiant la structure et la dynamique des populations d'aujourd'hui, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, approche qui se trouve confortée dans ce livre. "J'ai entrepris de réorienter une partie de mes recherches vers des questions qui ressortissent des domaines de l'anthropologie de la santé et de l'écologie, avec pour objectif de travailler à l'émergence d'une écologie scientifique humaine, définie dans une dualité du biologique et du social, en vue d'évaluer les conditions d'autonomie nécessaires au dévelopement de l'homme vis à vis de son environnement naturel et social", explique-t-il sur son site internet. Daniel Bley est directeur du certificat d'écologie humaine de l'IEP d'Aix-en-Provence et participe au DEA d'anthropologie "biologie humaine et société" de l'université d'Aix-Marseille III.

"Guide des urgences familiales", par René Gentils, Pocket, 480 p. 12,30 €. Sous-titre explicite : "apprendre les gestes qui sauvent et savoir quoi faire en toutes circonstances" ! Ce dictionnaire pratique réalisé par un médecin est facile d'accès, de compréhension et d'utilisation. On y trouve présentées toutes les notions de base essentielles pour le secourisme, les règles élémentaires de la prévention. L'esprit pratique de l'ouvrage se trouve exposé d'emblée dès l'ouverture du chapitre premier : "Un accident, ça n'arrive pas qu'aux autres : tout le monde est concerné un jour ou l'autre, pour lui-même, pour un proche ou tout simplement comme témoin. Agir devant un accident exige un savoir minimum, indispensable à tout homme et toute femme d'aujourd'hui, mais que bien peu ont eu l'occasion d'acquérir. Les gestes d'urgence ne font en effet partie ni du programme scolaire, ni du permis de conduire, alors qu'au moins une mort accidentelle sur quatre pourrait être évitée dans les trois minutes qui suivent l'accident. Sauver la vie, c'est souvent faire un geste simple, à la portée de tous, pendant ce laps de temps inévitable et incompressible entre l'accident et l'arrivée des secours. Chacun peut apprendre à protéger une victime, à la faire respirer, à l'empêcher de s'étouffer ou encore à arrêter une hémorragie grave. En maintenant la vie pendant ces dix premières minutes, vous la sauvez souvent définitivement. Et combien d'accidents pourraient être évités par l'adoption de mesures préventives simples"…

"Système d’information sanitaire", de Jean-Pierre d'Altilia, Jean-Pierre de Lamalle, Paul de Caluwé, Isaline Greindl, Frédérick Lecherlier et Alain Wodon, L’Harmattan (2e édition), 230 p., 21,50 €. Dans l’hémisphère Sud, la santé publique est un enjeu au moins aussi crucial que dans l’Hexagone. Si la situation sanitaire des populations est rarement satisfaisante au regard des critères occidentaux, les systèmes d’information sanitaire des pays en développement ont connu des progrès constants ces dernières années. Cette étude de l’AEDES (Agence européenne pour le développement et la santé) présente un état des lieux de ces systèmes ainsi qu’une méthode pour les utiliser et les interpréter. Aujourd’hui, le défi semble être en effet celui de leur utilisation et de la reconnaissance de leur utilité par toutes les parties prenantes du système de soins. Cette édition réactualisée privilégie une approche très concrète, tentant d'apporter aux différents acteurs concernés des références récentes et des appuis pratiques dans leurs tâches et missions opérationnelles.

"L’ère du risque : de la prévention au principe de précaution", présenté par Jean-Pierre Stasi, Bourin éditeur, 282 p., 24 €. Alors que la société dans son ensemble n’a jamais été aussi protégée contre le risque, le sentiment d'insécurité ne cesse de croître. Le vocabulaire véhiculé par les médias, les élus et les professionnels est éloquent : il n’est plus question depuis quelques années que de "risque zéro", de "principe de précaution" ou encore de "veille sanitaire". Il est vrai que des crises réelles, de la vache folle à la grippe aviaire, ont pu asseoir le bien-fondé de la demande de prévention. Pour autant, "s'il est légitime pour un salarié de revendiquer le droit à la santé au travail ou pour un consommateur de vouloir acheter des produits sains, l'exigence du "tout sécuritaire" ne risque-t-elle pas de paralyser toute initiative économique ou sociale ?" Question lancinante et cruciale qui plane sur la série d’entretiens réalisés par Jean-Pierre Stasi, secrétaire général de l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics), auprès de médecins, chercheurs, sociologues, hommes politiques, chefs d'entreprise, syndicalistes ou encore juristes. Ces différentes interviewes permettent de comprendre l’évolution de la notion de risque, et surtout de son appréhension sociale, débouchant sur la mise en place des politiques actuelles de prévention. Mais ils apportent surtout un éclairage sur les contours possibles de la société de demain, qui devra répondre à ces trois questions : "Peut-on tout prévoir ? Peut-on tout assurer ? Y a-t-il des risques acceptables ?" Un débat qui ne fait que commencer sur "les frontières de l’assurable" et donc le rôle du politique au sein d’une société de plus en plus atomisée et traversée d’exigences souvent contradictoires.

"Entre protection et compassion. Des politiques publiques travaillées par la question sociale (1980-2005)", sous la direction de René Ballain, Dominique Glasman et Roland Raymond, Presses Universitaires de Grenoble (PUG), 320 p., 25 €. Le politique est encore interrogé dans l’essence de sa fonction avec cet ouvrage collectif à la fois incisif et stimulant. Spécialiste du logement, René Ballain a réuni une équipe pluridisciplinaire composée de nombreux contributeurs (Elisabeth Maurel, Dominique Mansanti, Philippe Estèbe, Olivier Chavanon, François Sicot, etc.) qui se sont attelés à une lecture critique et transversale de l’intervention politique dans le domaine de l’exclusion sociale ou spatiale. Il est donc ici question de thèmes aussi variés que l'insertion par l’économique, la politique d’intégration et celle de la ville, les contrats locaux de sécurité ou encore l’éclosion des notions de "proximité" et de "cohésion sociale" dans le discours des élus. Au-delà de la transformation, naturelle sur une période aussi longue, des modes et méthodes d’intervention publique, les auteurs croient déceler dans ces différentes politiques un risque d’enfermement vers des dispositifs d’assistance, voire un simple "traitement humanitaire de la misère" à rebours des missions dévolues aux pouvoirs publics : "Quand la perspective n'est plus l'accès de tous aux droits fondamentaux, quand l'accès à un logement, à un emploi, à une formation professionnelle n'est plus assuré et que la puissance publique substitue à cette finalité un simple "accompagnement" vers le logement, ou vers l'emploi… les politiques réduisent considérablement leur ambition. Faute d'assurer un accès inconditionnel aux droits, faute de consacrer les moyens nécessaires à une action correctrice des inégalités, faute de véritable obligation de résultat, les politiques qui prétendent traiter l'exclusion pourraient finalement réduire leur ambition à un exercice de compassion, signe de leur impuissance". Comme le suggère le titre du livre et comme le souligne Roland Raymond en conclusion, nous sommes confrontés à des tendances lourdes mais aussi à un processus multiforme dont l’issue reste incertaine. C’est pourquoi cet ouvrage se veut autant un signal d’alarme qu’un appel collectif à la construction d'un système renouvelé de protection publique face aux nouveaux risques sociaux.

"Santé et expériences de soins : de l’individu à l’environnement social", de Pierre Chauvin et Isabelle Parizot, Vuibert, 292 p., 30 €. Cette publication rend compte des contributions et réflexions issues des séminaires pluridisciplinaires "Santé, inégalités et ruptures sociales" coordonnés par l'équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins de l'Inserm. Dans le prolongement d'une première publication, "Santé et recours aux soins des populations vulnérables" (Éditions Inserm 2005), celle-ci fait le choix d'aborder des thèmes de santé publique en croisant à la fois le regard des patients et des professionnels et les approches méthodologiques et disciplinaires (sociologie, épidémiologie, modélisation statistique…). Destiné à un public spécialisé, cet ouvrage envisage les différentes modalités de prise en charge des situations particulières à travers quatre types de cas (personnes âgées et handicapées, incarcérées, en soins palliatifs), pour en décrire à la fois les logiques d’action, le jeu des acteurs et les difficultés rencontrées. Il souligne ainsi l’interaction entre les modes de prise en charge et les représentations de la société et des professionnels à l'égard de ces personnes en "ruptures sociales". Une appréhension globale de l'influence du contexte social sur la santé et le recours aux soins qui débouche sur "la nécessité aujourd'hui, tant pour la recherche que pour l'action en santé publique, de considérer l'individu malade ou l'usager du système de soins non plus de façon isolée mais comme un être social, intégré dans un milieu social au sens large : familial, amical, professionnel, résidentiel".

"La santé au miroir de l’économie : une histoire de l’économie de la santé en France", de Daniel Benamouzig, PUF, 496 p., 34 €. Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre de ce livre, c’est encore essentiellement au prisme de la sociologie qu’est ici abordé le système de santé français. Enseignant à Sciences po., chargé de recherche au CNRS et membre du CERMES (Centre de recherche médecine, sciences, santé et société), l’auteur a déjà publié, en collaboration avec François Cuzin, "Economie et sociologie" (PUF, 2004). Il examine ici plus spécifiquement la façon dont l’Etat s’est doté, dans les années 50 à 70, des outils lui permettant une gestion planifiée des besoins sanitaires du pays. Partant de cette histoire singulière, il s’interroge sur l’avènement d’une vision strictement économique, voire libérale, de notre système de santé, appuyée il est vrai par l’aggravation structurelle des déficits dont l’abyssal "trou de la Sécu" constitue le symbole même.

"Histoire politique de la Sécurité sociale française (1945/1952)", de Henry C. Galant, Association pour l’étude de l’histoire de la Sécurité sociale, CHSS/AEHSS, 208 p., 42 €. Réédition d’un ouvrage majeur paru chez Armand Colin en 1955, cette étude fouillée de l'Américain Henry C. Galant reste, un demi-siècle après sa publication, un repère fondamental pour tous ceux qui s'intéressent à la construction de notre système de protection sociale actuel. Si l’auteur s’est surtout appuyé sur les débats parlementaires et les documents administratifs de l’époque, il n’a pas omis de compléter cette approche politique d’une vision plus opérationnelle, en interrogeant les responsables des institutions nouvelles. L’ensemble est très chronologique, ordonné autour de cinq chapitres abordant successivement les différentes phases de l’élaboration des textes législatifs, les élections de 1947 et 1950 aux conseils d’administration des caisses, puis les pouvoirs et l’action de ces conseils. L’auteur souligne pertinemment les deux questions qui ont dominé toutes les autres : celle de l’unité des caisses (intimement liée aux problèmes de généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble de la population) et celle de la gestion démocratique de ces organismes. Surtout, il voit bien que ce sont des considérations davantage politiques que techniques qui ont présidé aux conditions de gestion des caisses. Après l’ouvrage d’Henri Hatzfeld, ("Du paupérisme à la Sécurité sociale, 1850-1940", Armand Colin 1971), l’"Histoire politique de la Sécurité sociale française" reste incontournable pour embrasser l’ensemble de la période qui a vu la gestation puis la mise en place de notre système de protection sociale actuel.

"L’univers de la protection sociale : un héritage en question", de Laurent Laot, L’Harmattan, 360 p., 30 €. Le récent cinquantenaire de la "Sécu" a décidément provoqué un foisonnement de publications, toutes orientées vers la défense et la légitimation d’un système aujourd’hui en crise. Ordonné prêtre en 1965, s’inspirant du personnalisme communautaire défini par Emmanuel Mounier, Laurent Laot est diplômé de Sciences po. et enseignant à l’Université de Brest (UBO). Il s’interroge depuis de nombreuses années sur les interactions entre systèmes économiques et attentes sociales, en prenant tout particulièrement en compte l’accélération de la mondialisation. Cet ouvrage se veut l’exploration de cette "terre inconnue" (Paul Durand) que constitue la protection sociale, organisée en France autour des trois pôles que sont la Sécurité sociale, l'aide sociale et l'action sociale. "Les droits sociaux ne sont reconnus en droit que depuis 51 ans, et leur notion apparaît dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 article 22 : une personne en tant que membre de la société a droit à la sécurité sociale. Elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation des ressources de chaque pays. On entend par sécurité sociale le droit à la sécurité dans des conditions de vie et dans les relations que l’on a sur le terrain économique avec d’autres groupes. C’est essentiellement le droit du travail". Au-delà de l’aspect descriptif, Laurent Laot s’attache à défendre le modèle français en décryptant les tenants et les aboutissants de ses composantes institutionnelles.

"Guide des prestations sociales 2005 : le guide pratique", d’Alain Delorme, Seconde Edition, 188 p., 10,90 €. Réédition d’un guide pratique, clair et précis, qui détaille l'ensemble des aides offertes par la Sécurité sociale (prestations familiales, allocations logement, maladie, maternité, retraite de base, minima sociaux, invalidité...) mais aussi les prestations proposées par d'autres régimes (comme l'assurance chômage ou la retraite complémentaire), ainsi que les conditions à remplir et formalités à accomplir. Au-delà de son aspect indubitablement fonctionnel, cet ouvrage illustre la multiplicité des aides qui font la "Sécu" au quotidien et dont on peut mesurer à la fois l’utilité, l’étendue et l’emprise sociales.

"C’est n’importe quoi ! Situations et décisions absurdes au travail", de David Autissier, Eyrolles, 125 p., 12 €. Déjà auteur avec Jean-Michel Moutot d’un ouvrage remarqué sur la conduite du changement ("Pratiques de la conduite du changement : Comment passer du discours à l'action", Editions d’Organisation 2003), cet expert de la performance collective dénonce ici avec humour les situations absurdes qui font le quotidien des entreprises. Ce livre, qui a fait l’objet d’une couverture médiatique importante, se présente sous la forme d’un recueil de dix nouvelles romancées qui décrivent la semaine de travail d'un salarié au sein de son entreprise, et plus particulièrement sa manière de voir l'utilité de certains projets et décisions. Sous la forme apparente du divertissement, plutôt réussi, David Autissier, par ailleurs maître de conférences à l'Université Paris XII, interroge habilement le lecteur sur ses méthodes de travail et promeut, en creux, son cœur de métier : la nécessité et la conduite du changement dans les organisations.
Pour consulter le blog de David Autissier : http://www.portenawak.fr/

"RH fiction et réalité", de Jean-Pascal Arnaud et Patrick Bouvard, Editions d’Organisation, 238 p., 24 €. Praticiens des ressources humaines et de la communication, les auteurs entendent dépasser "la tragi-comédie des ressources humaines" pour les resituer dans un contexte plus large et leur donner du sens : "La gestion des ressources humaines est une de ces disciplines transverses où règne souvent un grand désordre, chacun se débattant comme il peut pour se représenter son rôle de manière cohérente. En pleine désorientation. Nul ne voit clairement, à ce jour, le fil d’Ariane qui permettrait de sortir de cette impasse et ne pas retomber, tôt ou tard, sur l’opposition binaire – et sans issue féconde – de l’économique et du social. Sans projet durable réel. Sans projet politique cohérent. Il est aisé de constater qu’il en est de même dans la société et dans ce que le monde nous présente de solutions "d’avenir". Les clés de la modernité nous font défaut. Nous errons de portes en portes sans savoir lesquelles ouvrir, tant nous craignons l’impasse. Il conviendrait de trouver un" jeu" de clés ou, mieux encore, un "passe" qui nous permette de toujours envisager une issue positive". Il s’agit ici moins de proposer un modèle opérationnel supplémentaire qu’un système de représentation de la problématique d’entreprise dans toutes ses dimensions, en prenant soin de resituer l’homme au cœur de la démarche entrepreneuriale. Loin de la plupart des études et manuels du genre, cet ouvrage restitue à la fonction RH son rôle premier autant que sa double fonction, à savoir concilier l’approche "humaniste" et les exigences sociétales. A noter : Patrick Bouvard, philosophe de formation, est le rédacteur en chef du site d’informations professionnelles www.rhinfo.com

"Le DRH stratège : le nouveau mix stratégique des ressources humaines", de Bruno Dufour et Yves Réal, Editions d’Organisation, 288 p., 30 €. Dans la même veine que l’ouvrage précédent, celui-ci propose une approche complète et intégrée de la fonction RH et de sa contribution opérationnelle, en lien avec la stratégie de l'entreprise et son environnement, ainsi que des pistes d'action pour les responsables ressources humaines. Pour rétablir le rôle stratégique clé des RH au sein de l’entreprise, les auteurs développent en particulier l'idée d'un "mix stratégique des RH" autour de "5C" (compétences, carrière, compensation, coopération, communication), en appuyant leur démonstration d’une multitude d’exemples concrets puisés au sein d’entreprises existantes. Véritable vade-mecum du responsable RH, ce livre expose les dernières bonnes pratiques ("Universités d’entreprise" ou corporate universities notamment) et participe pleinement des débats en cours au sein des organisations face au double effet de la mondialisation et du vieillissement démographique sur la gestion des personnels.

"L’intéressement et la participation à la portée de tous", de Jean-Jacques Ballan, Editions d’Organisation, 150 p., 19 €. Il s’agit d’un guide pratique visant à comprendre et réussir la mise en œuvre de la loi, en affirmation constante dans ce domaine, ce qui ne constitue pas le moindre des défis ! En effet, la participation (ou l’épargne salariale), qui concerne plus d'un salarié sur deux, a fait l'objet d'importantes réformes. Les questions qu'elle soulève constituent de vrais défis pour l'économie et la société françaises : financement des retraites, répartition plus juste des fruits de la croissance entre entreprises et salariés, actionnariat salarié, personnalisation et dynamisation des rémunérations comme des parcours professionnels... Il n’est donc pas surprenant que l’intéressement et la participation soient devenus des thématiques majeures des travaux législatifs de la dernière décennie. Sur les cinq dernières années, de la circulaire du 22 novembre 2001, publiée à la suite de la loi du 19 février 2001 relative à l’épargne salariale, à la circulaire du 14 septembre 2005, toujours relative à l’épargne salariale, les dirigeants d’entreprise, directeurs de ressources humaines, gestionnaires de fonds, représentants du personnel et salariés ont dû tenir compte de 8 lois accompagnées de leurs multiples décrets d’application… Il n’est donc pas toujours facile de se retrouver dans le maquis des différents plans d’épargne entreprise (PEE, PEI, PPESV, PERCO) et des articles du Code de Travail (respectivement L441-1 à L441-7 pour les accords d’intéressement et L442-1 à L442-17 pour les accords de participation). L’ouvrage de Jean-Jacques Ballan permet de mieux comprendre les mécanismes de ces deux dispositifs de rétribution, d'en déterminer les avantages compte tenu des risques et des opportunités qu'ils comportent, et d'en étudier la mise en place et le développement au sein des entreprises. En sous-titrant son livre "Modernisez votre politique de rémunération", l’auteur en élargit de surcroît la portée. Au-delà des considérations juridiques, ce docteur en sciences économiques, chargé de cours à l’Université Paris XIII-Villetaneuse, entend jeter les bases d'un langage commun sur la motivation du personnel, thème essentiel du management de l'entreprise mais aussi préoccupation sociale et politique. La réflexion dans ce domaine est en effet toujours d’actualité, comme l’illustre le rapport parlementaire "Une ambition : la participation pour tous", remis au Premier ministre le 28 septembre 2005. Les députés UMP Jacques Godfrain et François Cornut-Gentille y présentent un ensemble de propositions supplémentaires à destination des salariés (création d’un livret d’épargne salariale attribué à chaque salarié, participation élargie aux salariés intérimaires, nouvelles clauses de déblocage de la participation), des entreprises (dont la création d’un centre national de la participation) et en faveur d’une meilleure gouvernance des entreprises (notamment l’obligation pour les entreprises du CAC 40 d’atteindre le seuil de 5 % d’actionnaires salariés dans leur capital).
Pour consulter la dernière circulaire (14/09/2005) relative à l'épargne salariale :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=%20SOCX0508715C

"Le Damier Stratégique : pour une nouvelle vision de l’entreprise", de Gérard Jean et Philippe Jean, Editions d’Organisation, 160 p., 27 €. Praticiens et spécialistes du conseil en management, les auteurs partent du constat que l’environnement des entreprises est à la fois de plus en plus complexe et mouvant, mais souhaitent dépasser le diagnostic désormais convenu pour proposer aux dirigeants, à partir d’une cartographie lisible de leur entreprise, une véritable "thérapeutique". Rejoignant l’antique impératif de Socrate ("Connais-toi toi-même"), ils estiment en effet que le développement d’une entreprise suppose au préalable de "répondre à cette question primordiale : dans cet environnement turbulent, comment se penser simplement pour mieux agir ?" Pour cela, ils ont développé trois notions : l'"urbanisation" (repérage des grands ensembles et de leurs liens), le "Damier Stratégique" (qui consiste à "transformer du compliqué ou du complexe et à le rendre abordable" en suivant les processus clés de l'entreprise et la manière dont les services sont coordonnés), et enfin le "Plan de Gouvernance" qui en découle (en décrivant le degré de mutualisation entre les processus de l'entreprise). Eloge de la simplicité et du pragmatisme dans la conduite des affaires, cette étude se compose d’une première partie théorique et d’une seconde constituée de "retours d’expériences" censés en illustrer la pertinence. Si elle ne révolutionne pas les pratiques managériales actuelles, elle participe de la démarche plus globale initiée par ailleurs par l’intelligence économique pour éclaircir le "brouillard de la guerre" économique et adapter les réflexes et l’organisation des entreprises à la conjoncture hautement concurrentielle issue de la mondialisation.