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NUMERO 2 |
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| OCTOBRE 2005 |
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| Jour après jour, les spécialistes de Point Org Sécurité scrutent l'actualité éditoriale en vue de présenter aux lecteurs internautes d'ALTERSECURITE un large panorama de ce qui se publie autour des pôles d'intérêt qui sont les nôtres. Ces recensions constituent de simples éclairages destinés à mieux appréhender les motivations des scientifiques, des universitaires, des chercheurs et des journalistes qui s'intéressent de près ou de loin aux délicates questions de la santé et de la sécurité au travail. Ces publications constituent un baromètre signalant les orientations, les tendances, les motivations, les préoccupations et les tendances du moment. Cette dimension psychologique ne doit pas être ignorée en un temps où les angoisses et les peurs ressurgissent avec une puissance inavouée dans un monde inquiet, en quête de sens et de repères. * * * "Histoire des conditions de travail dans le monde industriel en France, 1848-2000", par Hazem Ben Aissa, L'Harmattan, 196 p., 17,50 €. Aujourd'hui docteur en ingénierie et gestion, maître de conférences à l'université de Paris-XI, l'auteur avait soutenu en 2002 une thèse en sciences de gestion à l'Ecole des Mines sur le thème de "la démarche sociotechnique chez Renault : histoire, diagnostic et logiques d'évolution". Il a élargi son sujet et lui a donné une perspective historique en étudiant le regard porté sur cette question au fur et à mesure de la croissance de la révolution industrielle jusqu'à nos jours. Si le thème perdure, néanmoins, les approches sont différentes, les paramètres évoluent avec le temps, certains critères autrefois admis nous paraissant à l'heure présente proprement inadmissibles. Les jugements que nous portons sur les conditions de travail évoluent donc en mêm temps que notre société. Les mentalités, les modes, les contraintes pesant sur la production conditionnent donc notre appréhension d'une question qui reste essentielle pour les relations humaines au sein du monde industriel. "Le travail de négociation. Regards sur la négociation collective d'entreprise", par Bernard Dugué, Editions Octares, 260 p., 23 €. La négociation collective ne s'improvise pas et son rôle est d'autant plus important qu'il vise à une bonne articulation des rapports sociaux dans l'entreprise. Une négociation collective intelligemment menée permet d'améliorer les conditions de travail de chacun, d'organiser au mieux les relations entre les acteurs sociaux, et donc in fine, permet à l'entreprise de fonctionner le plus correctement possible. Docteur en sociologie et universitaire, spécialiste des questions d'ergonomie au travail, Bernard Dugué s'appuie sur quatre exemples précis pour montrer l'intérêt de décortiquer soigneusement les pratiques de négociation. Il ne s'agit pas là d'entités abstraites mais de personnes ayant des responsabilités professionnelles à assumer au quotidien, qui doivent croiser leurs expériences et leur savoir-faire afin d'optimiser leurs conditions de travail. Il n'y a donc pas de recette miracle en la matière, souligne l'auteur. Il s'agit plutôt de faire preuve d'ouverture et d'écoute, de patience et de sens de l'observation, d'autant que souvent, les partenaires se trouvent confrontés à un enchevêtrement complexe de négociations multiples… "La face cachée de la négociation – Psychologie des relations difficiles", par Marc Vandecappelle, Editions d'Organisation, 160 p., 15 €. De manière savante, on dira qu'il s'agit de comprendre les mécanismes de l'interaction sociale. Sur un mode plus pragmatique, il s'agit de connaître les "ficelles" pour ne pas être la dupe lors d'une négociation. Pourquoi le partenaire avec lequel vous discutez se met-il soudainement à changer d'attitude à votre endroit ? Pourquoi le fait-il à ce moment précis ? Quelle posture prendre ? Comment ne pas commettre d'impair ? De quelle manière sortir d'une impasse où l'on s'est parfois soi-même fourvoyé ?… Négocier est un art, et il est essentiel d'en connaître les règles élémentaires, tout comme il est impératif de se bien connaître. "Sociologie des organisations", par Michel Foudriat, Pearson Education, 333 p., 29 €. Cette approche théorique des organisations - et des modes de raisonnement qui s'y rapportent - complète intelligemment les aspects pratiques de la négociation évoqués ci-dessus. En effet, l'auteur recense et analyse les différents types de comportements individuels et collectifs pour les distinguer et les identifier en un certain nombre de groupes et de courants. Pourquoi les uns sont-ils motivés et les autres non ? Pour quelles raisons untel fait-il de la rétention d'information ? Quelles sont les raisons réelles ou supposées d'une véritable guerre entre services, lesquels, en toute logique, devraient concourir à la réussite d'un même but ?… Parvenir à classifier les dysfonctionnements inhérents aux comportements dans l'entreprise - ou d'ailleurs dans toute autre structure - permet d'identifier les racines du problème, de diagnostiquer le mal et donc d'élaborer des solutions pour remédier à cet état de fait. Michel Foudriat enseigne la sociologie des organisations depuis plus de vingt ans à la faculté des sciences de l'université de Paris-XII. "Sociologie des professions", par Claude Dubar et Pierre Tripier, Armand Colin, 288 p., 25 €. Cette branche de la sociologie, si elle est bien connue dans la sphère universitaire anglo-saxonne, reste encore en friche dans notre pays. D'où l'intérêt de la démarche conduite ici par Claude Dubar, professeur de sociologie à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et directeur du laboratoire Printemps (Professions-Institutions-Temporalités) associé au CNRS, et Pierre Tripier, lui aussi professeur émérite de sociologie à la même université et également membre du même laboratoire. Anciennement, l'individu appartenait à une "profession-corps", une "profession-confrérie" ce qui lui conférait une identité propre et signifiait son appartenance à un groupe social bien au-delà de la simple appréciation en termes professionnels. L'éthique puritaine, puis l'éclosion du libéralisme et enfin l'approche marxiste ont peu à peu bouleversé de fond en comble cette perception. Les auteurs dressent donc un essai de représentation des professions en France, en les catégorisant, en essayant d'en cerner les particularités, avant de définir les relations qui s'établissent entre les professions et l'Etat, les professions et l'entreprise, les professions face au processus de mondialisation… "Gestion
des ressources humaines", par Bernard Martory et Daniel Crozet,
Dunod, 320 p., 29 €. "Le lien social", par Pierre Bouvier, Gallimard-Folio Essais, 416 p., 6,80 €. L'expression "lien social" est devenue un véritable passe-partout non seulement en sociologie mais encore dans la presse quotidienne. Tout le monde – ou presque – fait du "lien social" comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir… En réalité, la vulgarisation de l'expression révèle un désarroi profond face à la montée des individualismes, thématique que Marcel Gauchet a superbement mis en relief dans "la démocratie contre elle-même" en 2002. L'intérêt de la démarche de Pierre Bouvier est d'essayer de voir ce que signifie le terme "lien social" à l'heure de la globalisation accélérée de l'économie et, partant, de la société. Son essai a bénéficié d'un commentaire fort élogieux dans Le Monde des Livres du 21 octobre. Cependant, il n'est pas sûr que les formes alternatives sur lesquelles il s'attarde longuement soient les plus adaptées pour redonner du sens et recréer d'authentiques liens sociaux… "Petit dico d'économie et de management de la santé", par Luc Marco et Hien Bui Quang, PUF, 148 p., 13 €. Un petit traité bien utile pour s'y retrouver dans la jungle des termes et des pratiques en matière de santé ! Destinés aux étudiants des filières santé, il peut constituer un fil d'Ariane précieux pour le néophyte qui doit frayer son chemin dans ce domaine complexe, où les sigles et les termes techniques abondent et découragent les meilleures volontés ! "Les nouvelles frontières de l'entreprise", par Michel Drancourt, PUF, 288 p., 35 €. Journaliste et universitaire, Michel Drancourt a tout au long de sa carrière été passionné par l'entreprise, au point de lui consacrer de nombreux ouvrages. Il s'est d'ailleurs toujours efforcé de mêler réflexion et action, puisque non content d'écrire et d'enseigner, il fut Commissaire à l'industrialisation de la Lorraine entre 1969 et 1973, il dirigea l'Institut de l'entreprise et occupa de hautes fonctions dans de grandes structures comme Télémécanique ou Thomson. Depuis plusieurs années, il s'efforce de cerner les mutations de nos entreprises à l'heure de la mondialisation. Ces changements induisent des bouleversements de comportement. Comment opérer la mutation qui permet de passer de la maîtrise d'un marché local ou national à une dimension mondiale ? De nouvelles règles du jeu induisent de nouvelles organisations et pour les décrire, l'auteur s'appuie sur des exemples connus, impliquant les plus grandes sociétés de la planète. Une réflexion non dénuée d'intérêt sur la nécessité d'adaptation de l'entreprise, qui a d'ailleurs été saluée par l'Académie des Sciences Morales et Politiques. "Qualité en production – De l'ISO 9000 à Six Sigma", par Daniel Duret et Maurice Pillet, Editions d'Organisation, 406 p., 39 €. Réédition d'un ouvrage désormais classique en matière de respect des normes, qui explique pourquoi et comment l'entreprise doit s'organiser pour optimiser sa production en terme de qualité. L'axe de référence en la matière en est le plus souvent la norme ISO 9001, autour duquel l'effort de rationalisation va se construire. Les auteurs dressent un panorama des différentes méthodes aujourd'hui utilisées et mises en œuvre à cette fin dans les entreprises. "Le management des risques de l'entreprise", IFACI, PriceWaterhouseCoopers, Landwell, Editions d'Organisation, 338 p., 53 €. "Si l'art délicat de la prise de risques a toujours été un attribut incontournable du management, les modalités d'appréhension des risques connaissent un renouvellement. L'approche traditionnelle, marquée notamment par un cloisonnement de la gestion des risques et par une vision très axée sur l'arbitrage entre "assumer" et "recourir à l'assurance", est ainsi jugée insuffisante. La demande des dirigeants s'oriente vers des outils intégrant le management des risques dans le management global des activités". Il s'agit là de la traduction en français du second rapport COSO qui étudie le cadre bien particulier du management des risques. Un ouvrage intéressant, de haute tenue, qui dresse les grandes lignes de ce qu'il faut savoir en matière de conduite du changement et d'appréciation des risques. "La gestion des risques", par Olivier Hassid, Dunod, 128 p., 9 €. Les risques sont aujourd'hui omniprésents dans nos vies. Depuis le terrorisme de masse jusqu'aux pratiques de désinformation par Internet, nous sommes sans cesse confrontés à des choix délicats à opérer pour mener à bien les missions que nous nous sommes fixées ou que l'on nous a attribuées. Mise en place de cellules de veille, apprentissage et formation à la gestion des risques, anticipation de scenarii… les entreprises doivent donc apprendre à vivre avec la notion de risque, à la connaître et à la maîtriser. Tout à la fois enseignant à l'université de Paris-I et à l'ESC de Reims, l'auteur est également consultant en management des risques. Cette double approche théorique et pratique se retrouve dans ce petit traité d'un abord relativement facile. "De l'entreprise marchande à l'entreprise marquante", par Jean-Claude Thoenig et Charles Waldman, Editions d'Organisation, 272 p., 29 €. Quelles recettes magiques ont donc employées les grandes entreprises qui ont su tout à la fois remporter d'évidents succès économiques et bénéficier de l'estime de la société ? En un temps où chacun vit sur le court terme, il n'est pas inutile d'essayer de prendre du champ. Les entreprises qui ont su relever ce défi - ô combien délicat ! - ne se sont pas cantonnées à "coller" au marché et aux clients. Au contraire, elles ont su marquer leur territoire et affirmer leur identité sur le long terme. "Nous avons pris le parti de renoncer aux mots creux de "marque" et de "marché", pour essayer de mieux faire saisir quelque chose qui se rapporte aux valeurs, à la société en général et à l'action des organisations" avertissent les auteurs. Cette approche originale et à l'évidence pertinente a valu à l'ouvrage une bonne critique dans les colonnes du Monde Economie du 18 octobre dernier. Jean-Claude Thoenig est professeur de sociologie des organisations et des entreprises à l'INSEAD et directeur de recherche au CNRS, université Paris-Dauphine. Charles Waldman, lui, est professeur de marketing à l'INSEAD et spécialiste des questions de distribution. Il a été Senior Vice Président en charge du marketing du Club Med à New York et doyen du corps professoral de l'ESSEC. |
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