“Selon une récente étude réalisée par l’institut BVA, le taux d’absentéisme des salariés français aurait augmenté de 39 % entre 2014 et 2018.”

Avec la fin des vacances d’été, bureaux et ateliers se sont rapidement repeuplés… Mais il est fort à parier qu’au fil de l’année, nombre de salariés manqueront malheureusement à l’appel. Deux récentes enquêtes alertent en effet sur la forte augmentation du taux d’absentéisme des salariés français au cours des cinq dernières années. Selon une étude réalisée par le courtier en assurances Gras Savoye, ce taux aurait augmenté de 3,6 % entre 2017 et 2018, soit une hausse de 16 % depuis 2014(1), tandis qu’une enquête pilotée par BVA pour le cabinet Réhalto pointe carrément une augmentation annuelle de 6,85 % sur la même période(2).

Forte augmentation de l’absentéisme depuis 2014

Pour expliquer cette progression inquiétante, Julien Vignoli, directeur général délégué de Gras Savoye pointe prioritairement la question de l’engagement des salariés : “L’adhésion des salariés est en déclin, et peut être une explication à l’absentéisme.(3)” Or, si ce facteur joue certainement un rôle dans l’augmentation des absences comptabilisées, il ne faudrait toutefois pas qu’il en vienne à masquer la grande masse des absences provoquées par les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Pour s’en faire une juste idée, la meilleure méthode consiste à se reporter aux statistiques publiées chaque année par l’Assurance Maladie. Selon le dernier rapport disponible(4), portant sur l’année 2017, quelque 60 millions d’indemnités journalières ont été versées par la branche Accidents du travail/Maladie professionnelle de l’Assurance Maladie soit l’équivalent de 260 000 personnes à temps plein en arrêt de travail ! Or ces arrêts s’expliquent souvent par des causes beaucoup plus directes que la démotivation.

Accentuer les efforts de prévention

Ainsi, en 2017, parmi les 766 819 sinistres en premier règlement, on comptait 632 918 accidents du travail, 91 170 accidents de trajet et 42 731 maladies professionnelles. Autant d’événements qui dopent considérablement le taux d’absentéisme puisque le nombre moyen d’indemnités journalières atteint 170 jours pour les maladies professionnelles et 58 jours pour les accidents du travail et les accidents du trajet. Si bien que le montant total des indemnités journalières versées par la branche Accidents du travail/Maladie professionnelle s’élevait, en 2017, à près de 3 milliards d’euros. Ces données rappellent une évidence : la meilleure façon de faire baisser l’absentéisme consiste avant tout à faire baisser le nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles ! À cette fin, la prévention des risques professionnels, tant physiques que psychiques, et l’amélioration des conditions de travail sont, encore et toujours, les principaux leviers dont disposent les entreprises. D’autant que, de la sorte, la motivation des salariés ne manquera pas de s’améliorer également !