5 bienfaits de la prévention sur la performance de l’entreprise

“Souvent perçue comme une contrainte, voire un coût, la prévention peut, si elle est intégrée à la marche de l’entreprise, contribuer à l’amélioration de sa productivité et de sa performance.”

C’est la conviction défendue par un récent dossier de la revue Hygiène et sécurité du travail, publiée par l’INRS. Pour les experts consultés, la prévention des risques ne permet pas seulement d’éviter les coûts directs et indirects liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Elle relève, plus globalement, d’une démarche de progrès continu bénéfique à la performance globale de l’entreprise. Voici une synthèse de leurs arguments.

➤Réduire le coût des indemnisations et cotisations AT-MP

En évitant les accidents du travail et les maladies professionnelles, les actions de prévention des risques professionnelles permettent de réduire les coûts directs qu’ils entraînent. Comme le précise

Pierre Canetto, chargé de mission à l’INRS, il s’agit des “dépenses liées aux indemnités journalières, à l’indemnisation des victimes à la suite du sinistre, et celles liées aux soins”. Or, même mutualisées entre les entreprises d’un secteur professionnel, comme c’est le cas pour les entreprises de moins de 20 salariés, ces dépenses ne sont pas du tout anodines. Chargés de mission TPE-PME à l’INRS,

Patrick Laine et Marc Malenfer, soulignent ainsi que “pour l’activité de maçonnerie, le taux de cotisation AT-MP, autour de 8 % de la masse salariale, est comparable à la marge dégagée par l’entreprise”.

➤Éviter l’absentéisme et la perturbation du fonctionnement Lire la suite

Des TICS aux RPS

“Près de 25 % du temps de travail d’une entreprise tertiaire moyenne sont consacrés au traitement d’e-mails, soit 500 équivalents temps plein dans une entreprise de 2500 salariés !”

Un récent colloque met en garde contre les risques psychosociaux associés à un usage mal maîtrisé des technologies numériques.

À l’occasion d’un colloque international récemment organisé par Eurogip, les experts ont mis en garde les entreprises contre un usage non raisonné des technologies de l’information et de la communication (TIC). Ils estiment que “les risques psychosociaux liés aux TIC constituent un thème émergent” et que “beaucoup reste à faire” pour les prévenir.

“C’est une déception, dans le sens où après des années d’informatisation dans différentes entreprises, associations, etc., j’ai senti monter une vague de doléances qui peut se résumer dans la phrase : « Je n’ai pas le temps, je suis débordé », relate Thierry Venin., directeur de l’Agence départementale du numérique des Pyrénées-Atlantiques et auteur d’une thèse sur le lien entre TIC et RPS.

Tyrannie de l’immédiateté Lire la suite

Les Européens sous-estiment les risques de la sédentarité pour la santé

Les Européens passent en moyenne 7 h 26 assis par jour et les Français, 7 h 24. C’est ce qu’a établi une étude récemment réalisée pour l’association Attitude Prévention créée par les Assureurs français pour mener des actions de sensibilisation aux risques.

Des risques sous-estimés par 72 % des Européens

En effet, la sédentarité – définie comme le fait de rester assis plus de 7 heures par jour – comporte de nombreux risques pour la santé. Mais, selon l’enquête, ils sont mal connus. Interrogés sur les risques de santé associés à la sédentarité, seuls 28 % des Européens savent que la sédentarité a une incidence sur des pathologies telles que l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète, la dépression, l’anxiété, et les cancers. 72 % des Européens ignorent un ou plusieurs des risques cités. Le plus souvent, les risques méconnus par les Européens sont ceux liés au cancer, ou dans une moindre mesure ceux liés aux troubles psychologiques (dépression, anxiété) et au diabète. L’effet de la sédentarité sur l’obésité et les maladies cardiovasculaires est, en revanche, mieux identifié.

Des jeunes plus sédentaires que leurs aînés

De façon surprenante, les 18-35 ans passent plus de temps assis chaque jour : 8 h 19 contre 6 h 53pour les plus de 50 ans. Une situation qui résulte probablement de leur goût plus prononcé pour les écrans. Concernant les activités privilégiées, 50 % des plus jeunes citent le fait de “regarder un film, une émission ou une série”, tandis que les personnes âgées de 50 ans et plus se distinguent par une préférence plus marquée pour la lecture mais aussi… la promenade.

Pour aller plus loin : “Sédentarité et activité physique en Europe”, juin 2018, consultable sur : www.attitude-prevention.fr

La souffrance des entrepreneurs

On oppose souvent la situation des salariés à celle des dirigeants de PME, des artisans, des commerçants, des professions libérales et agricoles”, constatent Marc Binnié, Jean-Luc Douillard et Marick Fèvre, coordinateurs de cet ouvrage.

Respectivement greffier auprès d’un tribunal de commerce, psychologue clinicien et responsable prévention auprès d’une mutuelle, ils ont été témoins de la souffrance des entrepreneurs et estiment, au contraire, qu’il faut “insister sur ce qui rapproche l’ensemble de ces travailleurs lorsqu’ils sont confrontés aux risques psychosociaux liés à leur travail, aux difficultés financières et à la perte de leur emploi”.

Or, la souffrance des entrepreneurs est trop souvent niée ou ignorée. Elle l’est d’abord par le système institutionnel de santé au travail qui, pour des raisons historiques, s’est focalisé sur les risques pesant sur les salariés. “La prise en compte des problèmes de santé des commerçants, artisans, professions libérales, dirigeants d’entreprises est le chaînon manquant de la santé publique de notre pays”, écrit avec raison Michel Debout, professeur de médecine légale et de droit de la santé. Mais cette souffrance est souvent mise de côté par les entrepreneurs eux-mêmes. “La souffrance et l’épuisement constituent aussi une surprise pour l’entrepreneur : d’invincible, il se découvre vulnérable ; de protégé, il devient exposé. Acteur répétant en toute saison ‘ça va, ça va !’, le voilà dépassé. Ça va jusqu’à l’effondrement. Il découvre trop tard que repousser les limites pour réussir, c’est parfois dépasser celles du raisonnable.”

Ce livre a pour objectif de favoriser une prise de conscience collective pour que les risques pesant sur la santé des entrepreneurs soient mieux prévenus.

La souffrance des entrepreneurs, sous la direction de Marc Binnié, Jean-Luc Douillard et Marick Fèvre, Presses de l’EHESP, août 2018, 342 p., 17 €.