12 % des actifs exposés à au moins une nuisance cancérogène

 Selon un récent bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), environ 2,6 millions de travailleurs, soit 12 % des actifs, “ont été exposés à leur poste de travail à au moins une nuisance cancérogène chimique ou non”. La population masculine s’est avérée plus expo­sée aux “émissions de moteurs diesel, aux huiles minérales entières, aux poussières de bois et de silice cristalline”, notamment dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics de la mainte­nance, du travail des métaux, des transports et de la réparation automobile. De leur côté, les femmes sont davantage concernées par l’impact du travail de nuit sur le rythme bio­logique. Elles endurent aussi l’exposition aux rayonnements ionisants, au formaldéhyde et aux médicaments cytostatiques. Tous sexes confondus, “757 000 salariés présentaient une exposition à au moins deux cancérogènes”. Au fur et à mesure que les connaissances médicales progressent, de nouveaux cancers sont rajou­tés au tableau des maladies professionnelles, Ainsi, par décret du 5 mai 2017, deux cancers résultant de l’exposition à des substances polluantes ont rejoint la liste des maladies professionnelles. Le premier est le carcinome hépatocellulaire provoqué par l’exposition au chlorure de vinyle de monomère. Un compo­sant employé dans la production de matières plastiques déjà connu pour provoquer des angiosarcomes. Le second est la leucémie myéloide chronique liée à l’exposition au 1.3 butadiène, un gaz toxique pour la santé utilisé dans la fabrication de caoutchouc, de résine ou encore de latex et de néoprène.

Nuisance cancérogène : pour aller plus loin : BEH n°13, 13/06/17 ; décret n° 2017-812 paru au JO du 5 mai 2017

Compte pénibilité : quels changements pour demain ?

Penibilite-suppressionCompte pénibilité : « C’est un droit reconnu et parfaitement justifié ».

Suite à l’élection présidentielle, de nombreuses rumeurs alimentent des spéculations et des commentaires sur le devenir du compte pénibilité. Faisons le point.

A aucun moment la suppression du compte pénibilité n’a été annoncée, ni même évoquée, que ce soit par le nouveau président de la république ou un quelconque membre de son gouvernement. Ce qui a été évoqué, c’est une « suspension » ou un « moratoire » jusqu’à la fin de l’année concernant une partie des obligations déclaratives des employeurs.

Le premier ministre Edouard Philippe a donné quelques précisions sur ses intentions, résumées ainsi dans Les Echos du 31 mai 2017 : « Le Premier ministre a insisté sur le fait que la suspension du compte pénibilité n’entraînait aucunement « la remise en cause du principe, ni des droits acquis ». Le gouvernement se donne jusqu’à la fin de l’année pour simplifier le dispositif mais reste ferme sur la nécessité de conserver l’esprit de cette réforme. « C’est un droit reconnu et parfaitement justifié », a-t-il insisté. Il a par ailleurs laissé entendre que seuls les 6 derniers critères de pénibilité étaient concernés par la suspension, et non les 4 premiers critères déjà en vigueur depuis 2015. » Lire la suite