Le document unique pour faire émerger une culture de la sécurité

Document unique« Le document unique permet de passer du monde abstrait des normes au monde concret des risques existant vraiment dans l’entreprise. »

Pour promouvoir la santé et la sécurité au travail, les entreprises, comme du reste les pouvoirs publics, ont tendance à privilégier les consignes, les conseils, les contraintes et bien sûr les contraventions en cas de manquement avéré. Or comme le souligne la dernière livraison du maga­zine canadien Prévention au travail, cet arsenal nor­matif et répressif “peut servir à redresser une situa­tion, mais il n’éduque pas”, si bien qu’il n’a “qu’un effet mitigé sur l’adoption de comportements sécuritaires par les individus”.

Préférer la responsabilisation à la simple obéissance

Pour transformer plus en profondeur les comportements humains, la psychologue québécoise Renée Cossette propose de “troquer ce paradigme autoritaire pour une vision plus respectueuse de l’humain” et de “favoriser le savoir-être et la communication plutôt que l’obéissance” afin de favoriser l’émergence d’une véritable culture de la prévention. Ses préconisations sont issues de son expérience de terrain : “Lorsque j’ai commencé à travailler dans les entreprises, en 1990, je voyais qu’on faisait beaucoup appel à l’obéissance, ce qui était normal. Je me suis dit qu’on pourrait pourtant emprun­ter un autre chemin, avoir une approche non répressive, et donner de la formation pas pour performer, mais pour transformer”, explique-t-elle. En d’autres termes, il s’agit donc de privilégier la responsabilisation à la seule obéissance qui souvent se traduit par un simple respect formel des normes imposées par une autorité extérieure à l’individu ou à l’entreprise. Lire la suite

Quelques gestes simples pour éviter la propagation des virus au travail

Grippe, gastro-entérite ou simple rhume… Avec le froid, les maladies hibernales sont de retour provoquant fatigue et démultiplication des arrêts maladies au sein des équipes. Or, l’adoption de quelques gestes simples permet de limiter efficacement la propagation des virus dans l’entreprise.

Comme le rappelle l’INRS, “les virus hiver­naux peuvent se transmettre par la toux, les éternuements, voire par contact avec les mains d’une personne infectée ou par l’inter­médiaire d’objets contaminés”.

♦ Les gestes qui empêchent la transmission

Dès lors, quelques gestes simples per­mettent de réduire considérablement ces risques de transmission :

  • Se laver les mains plusieurs fois par jour avec du savon liquide (le séchage devant se faire de préférence avec un essuie-mains en papier à usage unique ou à l’air libre) ou avec une solution hydroalcoolique, notam­ment après s’être mouché, avoir toussé ou éternué, avant de manger et après être allé aux toilettes ;
  • se couvrir la bouche et le nez avec sa manche ou un mouchoir en cas de toux ou d’éternuements ;
  • en cas d’écoulement nasal, utiliser des mouchoirs en papier à usage unique ;
  • aérer régulièrement le local de travail pour renouveler l’air.

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80 % des maladies professionnelles sont des TMS

Le ministère du Travail a récemment pu­blié un bilan sur l’exposition des salariés aux maladies professionnelles en 2012. Il en ressort que les troubles musculosque­lettiques (TMS) sont, de loin, les maladies professionnelles les plus fréquentes.

En effet, 4 maladies professionnelles sur 5 sont des TMS. Ceux-ci sont “particulièrement fré­quents dans les activités de l’industrie de la viande, l’habillement, les équipements du foyer, la blanchisserie et, dans une moindre mesure, le secteur de la construction. Les ouvriers et les femmes, tout particulièrement les ouvrières, sont les plus exposés”. Autre enseignement à retenir : “Depuis 2005, les maladies pro­fessionnelles reconnues ont augmenté de 4 % par an, portées par l’augmentation de la reconnaissance des TMS (7 % par an)” mais aussi, dans une moindre mesure pat les cancers professionnels qui ont augmenté de 4 % par an entre 2005 et 2012. L’amiante n’y est pas pour rien. En effet, “les maladies provoquées par l’amiante représentent 8 % des maladies professionnelles reconnues, et constituent la grande majorité des cancers professionnels reconnus”.

Pour aller plus loin : Dares Résultats, décembre 2016, n°081, téléchargeable sur http://dares.travail-emploi.gouv.fr

Protéger sa grossesse des produits chimiques : un dépliant de l’INRS

Protéger sa grossesse des produits chimiques

A la maison comme au travail, nous sommes en contact avec de nombreuses substances chimiques, parfois sans le savoir ou sans y prêter vraiment attention, parce qu’elles sont présentes dans des produits d’usage courant : peintures, colles, graisses, désherbants, solvants et bien d’autres encore…

Produits toxiques pour la reproduction

Or, comme le précise une récente brochure de sensibilisation éditée par l’INRS, “certains de ces produits sont connus pour être toxiques pour la reproduction”. Selon les cas, ils peuvent en effet diminuer la fertilité de l’homme ou de la femme, nuire au bon déroulement de la grossesse, por­ter atteinte au développement de l’enfant, à sa santé ou même à sa fertilité future. Enfin, après l’accouchement, ils peuvent aussi contaminer le lait maternel.

Prêter attention à l’étiquetage des produits

Afin de se prémunir contre ces risques, il convient de prêter attention à l’étiquetage des produits qui, en milieu professionnel, alerte l’utilisateur sur ces dangers spécifiques. Enfin, comme le précise la brochure, il est également possible aux futurs parents de faire le point avec leur médecin du travail de façon à établir si vous utilisez des produits dangereux, à quelle dose, etc. Une démarche qu’il convient d’ac­complir le plus tôt possible car la réalisation de ce bilan peut prendre plusieurs semaines au médecin du travail.

Pour aller plus loin : Produits chimiques. Protégez votre grossesse, dépliant librement téléchargeable sur www.inrs.fr

2017-2027. Enjeux pour une décennie

Conformément à sa mission d’éclairer les choix collectifs, France Stratégie, organisme public de réflexion et d’expertise a lancé une série d’auditions visant à examiner “les grandes mutations que va devoir affronter notre pays au cours des dix prochaines années”.

Celles affectant le travail ne sont pas les moindres. Les auteurs observent ainsi l’émergence de “parcours professionnels davantage heurtés, as­sortis de changements de statuts, d‘épisodes de chômage et de plu­riactivités récurrents”. Un bouleversement profond qui conduit à “une interrogation d’ensemble car ces muta­tions, qu’elles soient induites par la technique, le management des entreprises ou le compor­tement des actifs, affectent simultanément tous ces paramètres”. Inutile de dire que cette évolution du travail obligera aussi à s’inter­roger sur la façon d’évaluer et de prévenir les risques professionnels. Parmi les points d’attention, figure ainsi la nécessité d’accor­der une attention toute particulière à la transmission des consignes de sécurité à des travailleurs changeant fréquemment d’emploi et d’entreprises, ou encore l’obligation de prendre en compte le sentiment d’isolement de travailleurs ne connaissant pas de collectif de travail réellement pérenne. À la lecture de l’ouvrage, une certitude s’impose : la préven­tion des risques professionnels devra évoluer en même temps que le travail lui-même.

Par France Stratégie, La documentation française, octobre 2016, 305 p., 14 €.