La crise sanitaire fait exploser l’absentéisme

“Signe que la pandémie a durablement fragilisé les salariés, dès le mois de mai, alors que le processus de déconfinement et de retour au travail était lancé, les risques psychosociaux (RPS) sont devenus le deuxième motif des arrêts de travail, devant les TMS.”


“Le nombre de jours d’arrêts de travail indemnisés, en constance progression depuis plusieurs années, est largement amplifié par la crise sanitaire”, établit une étude réalisée par Malakoff Humanis. En effet, au plus fort de la crise, la Covid-19 était à l’origine d’un quart des arrêts de travail. Et cet impact risque de perdurer, même en l’absence de seconde vague épidémique. En effet, dès juin dernier, 11 % des salariés affirmaient souhaiter de se faire prescrire un arrêt de travail pour éviter de devoir revenir dans leur entreprise…

Depuis des années déjà, la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) constate une augmentation régulière des indemnités journalières versées en cas d’arrêt maladie. Les versements ont ainsi augmenté de 6,3 % entre les périodes Avril 2018 / Mars 2019 et Avril 2019 / Mars 2020. Mais, comme le montre une étude réalisée par Malakoff Humanis, cette dérive structurelle des arrêts maladie a été fortement amplifiée par la crise Covid-19.

La Covid, premier motif des arrêts de travail

Preuve de l’impact de la pandémie, selon les derniers chiffres de l’Assurance maladie, de janvier à août 2020, les versements ont augmenté de 29,9 %.Ainsi, 13 % des salariés se sont vus prescrire un arrêt maladie pendant la seconde quinzaine de mars contre 8 % pendant la première quinzaine. Si l’on cumule les arrêts maladie concernant des cas de Covid confirmés ou suspectés, et les arrêts de travail dérogatoires liés à des contacts avec des personnes confirmées ou suspectées, la Covid est le premier motif des arrêts de travail de mars à juillet. “Le virus a été la cause de 26 % des arrêts en avril au plus fort de la crise et concernait toujours 19 % des arrêts en juin”, souligne la mutuelle. Or, ce surcroît risque d’être durable. En effet, comme le souligne de son côté Le Figaro, “malgré le déconfinement, la progression se chiffrait encore en août à 7,7 % par rapport à la même période de l’an dernier”.

Un report massif des soins au plus fort de la crise Lire la suite

Télétravail : une révolution impliquant des démarches de prévention des risques

Depuis  le  confinement,  le  télétravail  suscite  un  engouement  sans  précédent,  aussi  bien  auprès des  dirigeants  d’entreprise  que  de  leurs  salariés.

Mais  qu’en  pensent  les  DRH  généralement chargés de mettre en œuvre son déploiement ? Une récente enquête réalisée par l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (A NDRH) révèle qu’ils sont à la fois enthousiastes et lucides quant aux atouts et dangers de cette véritable révolution.

Le télétravail devrait poursuivre son essor.

Parmi les 458 DRH d’entreprises françaises interrogés, 85 % des répondants jugent souhaitable de le développer de manière pérenne. De même 82 % estiment que le nombre de postes éligibles au télétravail est plus important qu’avant la crise. En revanche, ils imaginent plutôt l’émergence d’organisations mixtes, combinant jours de travail à distance et jours de présence dans les locaux de l’entreprise.

Parmi  les  bénéfices  attendus  du  télétravail,  ils citent prioritairement la capacité à mieux répondre aux attentes des collaborateurs actuels et futurs (93 %), l’augmentation de la productivité (64 %).Des atouts qui ne les empêchent pas de voir risques que comporte également le télétravail. Ainsi, ils redoutent particulièrement la réduction des interactions sociales et le déclin du sentiment d’appartenance à l’entreprise (88 %), la baisse de la cohésion entre les télétravailleurs et les autres salariés (88 %) etaussi l’augmentation des risques psychosociaux. Lire la suite

Quelles mesures prendre pour favoriser le retour des salariés ?

  1. Démontrer le sérieux des mesures de prévention adoptées face au Covid

L’entreprise doit avant tout démontrer que les mesures prises pour protéger leurs salariés contre le risque de contamination  sont  sérieuses  et  efficaces.  Le  respect  scrupuleux des règles édictées par le protocole national y contribuera. Toutefois, cela ne suffit pas : il faut aussi montrer aux salariés que les mesures prises sont le fruit d’une véritable réflexion et qu’elles prennent en compte les spécificités de l’entreprise, notamment grâce à la mise mise à jour du document unique. De même, un échange avec les salariés sur les mesures prises et leur éventuelle évolution peut permettre d’identifier des appréhensions à lever. Ce dialogue contribuera aussi à faire des salariés des acteurs de la prévention des risques.

  1. Renforcer la qualité de vie au travail

L’absentéisme ne s’explique pas seulement par la crainte de la contamination mais par la dégradation des conditions de travail entraînée par les mesures sanitaires nécessairement contraignantes : port du masque, distanciation sociale, etc. Il convient dès lors d’adopter une organisation du travail plus souple permettant de réduire ces désagréments (par exemple par l’instauration de pauses régulières permettant d’ôter son masque). Enfin, il faut aussi trouver de nouveaux moyens de préserver les liens humains l’agrément du travail sur site : moments de convivialité et d’échange, esprit d’équipe, etc. Lire la suite

Plus que jamais mobilisés aux côtés des TPE et PME


François Sidos

François SIDOS, président de Pôle Prévention

Chers clients, partenaires et lecteurs,

C’est peu dire que l’après-crise tant attendue ne correspond pas à ce que nous avions espéré au début de l’été… En raison de la crainte d’une seconde vague épidémique, la plupart des entreprises n’ont pas pu retrouver leur fonctionnement normal. Plus que jamais, elles doivent concilier les impératifs de production et les nécessités de sécurité, en respectant les normes contenues dans le protocole national édicté par le ministère du Travail.

Dans un contexte économique souvent dégradé par les mois de confinement, chacun comprend maintenant que la crise sanitaire va exiger des entrepreneurs français non seulement de l’agilité mais aussi de l’endurance. Dans ces circonstances difficiles, nous pensons tout particulièrement aux TPE et PME qui ne disposent généralement pas des mêmes moyens matériels, financiers et juridiques que les grands groupes pour relever ce défi de longue haleine.

Or, quelque 7,2 millions de salariés, soit 40 % de l’effectif inscrit au régime général, travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés. Plus que jamais, il est donc vital qu’elles puissent bénéficier des conseils de professionnels de la prévention des risques pour poursuivre leur activité dans les meilleures conditions. Comme le souligne une récente étude de l’INRS(1), “les TPE/PME  ont avant tout besoin d’être accompagnées (guidées, conseillées, assistées) par un interlocuteur physique extérieur dans leur démarche de prévention.” Lire la suite

Travail de nuit : risque routier accru

La proportion de salariés déclarant travailler habituellement de nuit a plus que doublé en vingt ans.

Le travail de nuit a un impact bien réel sur la santé. Le salarié qui doit prendre la route en horaires décalés, en mission ou sur le trajet domicile-travail, doit notamment faire face à des risques accrus d’endormissement.

Il est important pour l’entreprise de prendre les mesures adaptées pour prévenir ces risques.

Faut-il s’inquiéter des conséquences, sur la route ?

Sur la route, la nuit tue plus que le jour. Le risque d’avoir un accident mortel à la tombée du jour est sept fois supérieur au risque diurne et un quart des accidents mortels de nuit se produisent entre 2 h et 6 h du matin.

La nuit, les jeunes conducteurs présentent le plus de risques. Or, selon leur activité, certaines entreprises recrutent de nouveaux collaborateurs, tels que les commerciaux, dès la fin de leurs études. Pour des jeunes de 22 à 25 ans, il n’est pas facile de basculer du rythme scolaire ou universitaire à celui d’un emploi leur imposant de se lever tôt, tout en acceptant de se coucher également plus tôt. 48 % des personnes tuées dans un accident impliquant un conducteur novice le sont de nuit et en semaine. Il est toutefois fâcheux de constater que ce taux est identique à celui relevé pour les accidents impliquant un conducteur expérimenté, jusqu’à 34 ans qui, est aussi la tranche d’âge où les travailleurs de nuit sont les plus nombreux. Lire la suite