Les journées de travail à rallonge augmentent le risque d’AVC

Une récente étude médicale démontre que s’imposer régulièrement des journées de travail de plus de 10 heures augmente significativement le risque d’être victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Un constat qui sonne comme une mise en garde pour les patrons de TPE-PME, coutumiers des journées à rallonge…

S’il est établi que les personnes ayant un emploi sont généralement en meilleure santé que celles qui en sont dépourvues, encore faut-il ne pas travailler trop. C’est ce que souligne une récente étude ayant établi une corrélation entre les trop longues journées de travail et l’augmentation du risque d’AVC(1)

Le risque d’AVC, 29 % plus élevé au-delà de 10 h de travail par jour

Après avoir suivi une cohorte de près de 150 000 personnes, les chercheurs ont en effet constaté que le risque de faire un AVC est supérieur de 29 % chez les personnes travaillant plus de dix heures par jour, au moins 50 jours par an. Pis :lorsque cette situation perdure au-delà de dix ans, le risque augmente carrément de 45 % ! “Il ne s’agit pas pour autant d’être alarmiste. Le risque demeure faible :il passe de 0,8 à 0,93 %”, tempère le Pr Alexis Descatha, spécialiste des pathologies liées au travail à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches et coauteur de l’étude(2). Lire la suite

Preuves du fort impact de l’organisation du travail sur la qualité de la prévention

Une étude du ministère du Travail établit que “l’utilisation adéquate des équipements ou le respect des consignes de sécurité sont rendus plus difficiles quand l’activité de travail est soumise à des rythmes très intenses et à des changements trop rapides”.

En 2013, “86 % des salariés ont été concernés dans un passé récent par une action de sensibilisation aux enjeux de la santé et de la sécurité au travail”, rapportent les auteurs d’une étude visant à déterminer si les salariés utilisent réellement les outils de prévention des risques professionnels prévus par leur entreprise(1). En effet, comme ils le précisent, l’édiction de règles de sécurité ou la mise à disposition d’équipements de protection ne préjuge pas qu’ils soient véritablement respectés ou utilisés.

Des consignes pas toujours respectées

Ainsi, parmi les salariés les plus exposés à au moins quatre risques professionnels – comme, par exemple les fumées ou les poussières, les produits toxiques, le bruit, les postures pénibles ou les vibrations -, 19 % disent “ne pas toujours pouvoir respecter les consignes de sécurité”. Si bien que, malgré les consignes écrites, la prévention réelle se révèle “déficiente”. Lire la suite

Prévention des risques : le document unique entre dans les usages

On affirme souvent que les employeurs sont perplexes quant à l’utilité du document unique. Une étude réalisée par le ministère du Travail, à partir de données recueillies en 2016, met au contraire en lumière un recours croissant à cet outil pour évaluer et prévenir les risques professionnels (1).

Forte progression du recours au DUER

Ainsi, dans le secteur privé, la proportion de DUER élaborés ou mis à jour dans les 12 derniers mois atteignait, en 2016, 70,8 % dans les établissements de 10 à 49 salariés, 88,9 % dans ceux de 50 à 249 salariés, 93,7 % dans ceux de 250 à 499 salariés et jusqu’à 96,4 % dans ceux de 500 salariés et plus. De son côté, le secteur public, pourtant longtemps à la traîne, fait preuve d’une belle dynamique de rattrapage. En 2016, 51,1 % des établissements de la fonction publique territoriale disposaient d’un DUER à jour contre seulement 33,2 % d’entre eux en 2013. Cette progression se vérifie dans les établissements de la fonction publique hospitalière où le taux de document unique était déjà fort élevé (75,9 % contre 75,4 %). Lire la suite

Risque routier – Un enjeu encore sous-estimé par les entreprises

“Même si 63 % des entreprises interrogées savent que le risque routier est la première cause de mortalité au travail, il reste un enjeu majeur encore sous-estimé ».

C’est la conclusion d’une enquête réalisée par l’institut CSA pour l’assureur Allianz France auprès d’un échantillon d’entreprises dotées d’une flotte de plus de 5 véhicules.

Des initiatives de prévention réelles mais disparates et désordonnées

L’enquête démontre que les entreprises ne restent pas inactives face au risque routier. Plus précisément, 90 % suivent et entretiennent les véhicules, action jugée par elle la plus efficace en la matière ; 52 % mènent des actions de sensibilisation auprès de leurs salariés ;50 % ont mis en place une charte de bonne conduite au volant (concernant l’usage du téléphone, l’alcool), des procédures d’utilisation des véhicules ou de gestion des sinistres ; et 24 % ont instauré des actions de formation, principalement en salle mais aussi sous forme de stages de conduite. Les entreprises ne font donc nullement preuve de mauvaise volonté mais leurs actions en la matière sont souvent incomplètes et disparates. Or ces lacunes sont d’autant plus regrettables que, comme l’affirme Delphine Asseraf, responsable des questions de mobilité chez Allianz,“ la plupart des accidents pourraient être évités par des mesures de prévention efficaces”. Lire la suite

Les RPS toujours tabous dans les entreprises ?

L’intense couverture médiatique dont font l’objet le stress professionnel ou le burn-out pourrait laisser croire que la prévention des risques psychosociaux (RPS) est devenue une préoccupation centrale du management contemporain.

Une récente enquête réalisée auprès de salariés européens par l’entreprise de services de ressources humaines ADP indique pourtant le contraire. En effet, “plus d’un quart (28 %) de collaborateurs pensent que leur employeur ne s’intéresse pas du tout à leur bien-être psychologique et 38 % pensent que leur intérêt n’est que superficiel”.

Mais, dans le même temps, ils ne semblent pas prêts à porter le sujet. “Un salarié sur trois (30 %) déclare ne pas se sentir à l’aise pour le faire. Parmi les moins réticents, 43 % pourraient en discuter avec des amis proches ou collègues, tandis qu’un tiers seulement (30 %) en parlerait à leur manager. À peine 13 % oseraient en parler aux RH.” Si ces résultats demandent à être confirmés par de plus amples enquêtes, ils semblent toutefois indiquer que, comme tous les risques professionnels, les risques psychosociaux ne peuvent être combattus efficacement qu’à la faveur d’un fort engagement de la direction et du management.

Pour aller plus loin : The workforce view in Europe 2019, librement consultable sur www.fr.adp.com