Pénibilité : penser à la déclaration au titre du Compte Professionnel de Prévention

Déclaration pénibilité : les employeurs doivent déclarer avec leurs déclarations sociales de janvier 2019 les expositions de leurs salariés au cours de l’année 2018 à six facteurs de risques professionnels au-delà de seuils.

Suite aux « ordonnances Macron » de septembre 2017, de nombreux employeurs ont cru, de bonne foi, à la suppression du compte pénibilité. Cette erreur a prospéré sur la communication offensive de certaines organisations professionnelles qui ont affirmé un peu vite avoir obtenu cette suppression.

En vérité le Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P) n’a pas été supprimé. Il a juste été transformé en Compte Professionnel de Prévention (C2P). Concrètement, les employeurs doivent déclarer avec leurs déclarations sociales de janvier 2019, notamment la DSN (Déclaration Sociale Nominative) qui s’applique désormais au plus grand nombre, les expositions de leurs salariés au cours de l’année 2018 à six facteurs de risques professionnels au-delà de seuils fixés par le décret n° 2017-1969 du 27 décembre 2017.

Les facteurs de risques et les seuils sont les suivants : Lire la suite

Succès de la prévention – Les accidents du travail à leur plus bas niveau depuis 70 ans

Avec une moyenne de 33,4 accidents du travail pour 1000 salariés en 2017, la sinistralité en la matière est une nouvelle fois en baisse et atteint son niveau le plus bas depuis 70 ans, d’après les statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Elle était de 120 accidents pour 1000 salariés dans les années 1950. Les travailleurs français sont donc désormais 3,5 fois moins de se blesser au travail que dans l’immédiat après-guerre.

Adaptation aux nouveaux risques

Si ce succès s’explique bien sûr en partie par la transformation d’un tissu économique dans lequel la part du secteur tertiaire, par nature moins accidentogéne, il est bien sûr aussi à porter au crédit des progrès accomplis par la prévention des risques professionnels. Ceux qui en douteraient peuvent se reporter à l’exposition que l’INRS consacre aux affiches réalisées de 1947 à nos jours pour sensibiliser les travailleurs aux risques. Elle donne en effet une vision saisissante du chemin parcouru tant ces documents sont de fidèles marqueurs de l’évolution de la société et du monde du travail. Lire la suite

Une personne sur quatre a connu un accident du travail au cours de sa vie professionnelle

Une récente étude de l’Insee établit que “26 % des personnes travaillant ou ayant travaillé se souviennent avoir eu au moins un accident au travail, hors accident de trajet, ayant entraîné une blessure au cours de leur vie professionnelle”.

Toutefois, certaines catégories de travailleurs sont beaucoup plus exposées.

Si la fréquence des accidents du travail restait constante par rapport à celle qui prévalait lors des décennies précédentes, un travailleur français sur quatre serait amené à être blessée au travail au cours de sa vie professionnelle. C’est ce que l’on peut déduire d’une étude de l’Insee, établissant qu’en 2013, 26 % des travailleurs avaient eu au moins un accident de travail depuis le début de leur carrière. Toutefois, cette moyenne cache de fortes disparités.

Les ouvriers plus exposés

Sans surprise, les ouvriers sont les plus exposés : “40 % déclarent au moins un accident avec blessure au cours de leur carrière, soit plus de deux fois plus que les cadres (16 %). Entre les deux se situent les employés (22 %) et les professions intermédiaires (25 %).” De même, le risque d’accident varie très fortement selon le secteur d’activité. “Les travailleurs de la construction (42 %), et dans une moindre mesure ceux du transport (34 %), de l’agriculture (32 %) et de l’industrie (31 %), ont plus souvent eu des accidents depuis leur première embauche”. Preuve de l’influence du métier exercé, seuls 13 % des personnes travaillant dans les services financiers déclarent avoir été victimes d’un accident. Lire la suite

Accidents du travail et maladies professionnelles : toutes les entreprises concernées

“Au fil de l’année 2018, 73 % des entreprises interrogées ont recensé au moins un accident du travail avec arrêt, 47 % au moins un accident de trajet avec arrêt et 43 % au moins une maladie professionnelle.”

“Les risques professionnels restent synonymes d’enjeux sociaux et financiers importants pour une majorité d’entreprises. ”C’est l’un des enseignements de l’édition 2018 du baromètre de la gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles réalisé pour BDO France et le cabinet Fayan-Roux, Bontoux et associés par la Junior ESSEC Conseil qui souligne aussi la recrudescence des cas de reconnaissance d’affections psychiques au titre d’accidents du travail et de maladie professionnelle.

Certes, comme l’affirmait en novembre dernier l’Assurance Maladie, la fréquence globale des accidents du travail et des nouvelles maladies professionnelles est à son niveau le plus bas depuis 70 ans. Toutefois, cette bonne nouvelle démontrant l’efficacité des efforts de prévention ne doit nullement conduire à considérer que les entreprises seraient par nature moins exposées aux risques professionnels.

85 % des entreprises frappées par un accident  ou une maladie professionnelle Lire la suite

Visage changeant de la main-d’œuvre – Enjeux et impacts pour la santé et la sécurité au travail

Le vieillissement de la population s’accélère, entraînant d’importants enjeux de disponibilité de la main-d’œuvre

“Le marché du travail est de plus en plus marqué par l’évolution du contexte sociodémographique. Le vieillissement de la population s’accélère, entraînant d’importants enjeux de disponibilité de la main-d’œuvre. Pour y faire face, diverses avenues sont envisagées dont le maintien ou le retour au travail de travailleurs expérimentés. Mais présence plus soutenue des jeunes travailleurs est également anticipée ainsi qu’un recours accru à de la main-d’œuvre étrangère”, rappellent les membres de l’IRSST le principal centre de recherche canadien en santé et sécurité au travail, en introduction d’un colloque visant à anticiper l’impact de cette évolution sur la prévention des risques professionnels.

De nouveaux enjeux de prévention des risques

Les différentes interventions offrent un panorama global des nouveaux enjeux créés par de nouveaux profils de travailleurs. De nombreuses observations se signalent par leur originalité. Ainsi, s’agissant des jeunes travailleurs, le professeur Mircea Vultur a souligné “la dissociation croissante entre la formation des jeunes et les métiers qu’ils exercent effectivement”, ce qui peut bien sûr impliquer une moindre connaissance des risques associés à leur activité et renforce la nécessité de les former à la sécurité lors de leur intégration. Lire la suite